Le TDAH associé à des comportements sexuels à risque chez les étudiants

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Les comportements sexuels à risque figurent parmi les répercussions connues du TDAH. Cette nouvelle étude présentée par l’Inserm confirme cette association au sein d’une cohorte d’étudiants français et met en évidence notamment un premier rapport sexuel précoce (à 15 ans ou avant) ; une utilisation irrégulière du préservatif, un nombre plus élevé de partenaires sexuels ; le fait d’avoir contracté une IST. Des résultats qui incitent à déployer des approches de prévention adaptées à cette population.

Le trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) se caractérise par des niveaux élevés d’inattention et/ou d’agitation et d’impulsivité. Son diagnostic est essentiel (1), car une prise en charge adaptée permet de limiter les difficultés rencontrées et leurs répercussions sur la vie sociale, familiale, scolaire ou professionnelle. En effet, les personnes atteintes de TDAH sont plus susceptibles que la population générale d’adopter des comportements à risque entraînant des conséquences sur leur santé et leur parcours de vie.

Certaines études ont montré que les personnes atteintes de TDAH adoptent plus fréquemment des comportements sexuels à risque. Dans une étude récente publiée dans le BMJ Mental Health, des chercheuses et chercheurs de l’Inserm et de l’université de Bordeaux (Bordeaux Population Health), ont mesuré pour la première fois cette association au sein de la population étudiante française. Ce choix s’explique par le fait que, pour de nombreux jeunes adultes, l’entrée à l’université coïncide avec les débuts de la vie sexuelle, une période clé dans l’adoption de ces comportements.

Cette étude est fondée sur les données de la cohorte Internet-based students health research enterprise (i-Share), l’une des plus grandes études épidémiologiques menées auprès d’étudiants français.

Au total, environ 13 000 étudiants français, âgés en moyenne de 20 ans, ont rempli des questionnaires. Ceux-ci ont permis, d’une part, d’évaluer la présence de symptômes du TDAH à l’aide d’un test standardisé (2), et d’autre part, de recueillir des informations sur leurs comportements sexuels.

Les étudiants présentant un score élevé de symptômes du TDAH (5,3 % de l’échantillon) rapportaient plus de comportements sexuels à risque que les autres.

L’association entre symptômes du TDAH et comportements sexuels à risque concerne :

  • un premier rapport sexuel précoce (à 15 ans ou avant) ;
  • une utilisation irrégulière du préservatif ;
  • un nombre plus élevé de partenaires sexuels ;
  • le fait d’avoir contracté une infection sexuellement transmissible (IST).

De plus, chez les étudiantes, un score élevé de symptômes du TDAH était associé au fait de ne pas utiliser de contraception, d’avoir eu recours à la contraception d’urgence et d’avoir pratiqué une interruption volontaire de grossesse.

Une meilleure reconnaissance de ces risques pourrait permettre d’adapter les conseils préventifs et l’accompagnement des personnes atteintes de TDAH » Cédric Galera, chercheur, CHU de Bordeaux 

« Ces résultats invitent à mieux prendre en compte les étudiants présentant des symptômes de TDAH dans la prévention en santé sexuelle. Les services de santé universitaires pourraient, par exemple, renforcer le repérage du TDAH et proposer des actions d’information et d’accompagnement adaptées à ces étudiants », explique Cédric Galera, chercheur au Bordeaux Population Health (Inserm/Université de Bordeaux), professeur de pédopsychiatrie à l’université de Bordeaux et au centre hospitalier Charles Perrens et dernier auteur de l’étude.

« Par ailleurs, ces résultats soulignent l’intérêt de sensibiliser les professionnels de santé (infirmiers/infirmières, sage-femmes, gynécologues) à la présence possible d’un TDAH non diagnostiqué chez les jeunes adultes consultant pour des grossesses non désirées ou des infections sexuellement transmissibles. À l’inverse, les professionnels spécialisés dans la prise en charge du TDAH (psychiatres, psychologues, médecins généralistes) gagneraient à être attentifs au risque accru de comportements sexuels à risque chez leurs patients. Une meilleure reconnaissance de ces risques pourrait permettre d’adapter les conseils préventifs et l’accompagnement des personnes atteintes de TDAH », conclut le chercheur.

1– Le diagnostic de TDAH repose sur une évaluation clinique : plusieurs consultations sont nécessaires, auprès du médecin traitant puis auprès d’un médecin formé au diagnostic de TDAH

2– L’échelle d’auto-évaluation des troubles déficitaires de l’attention avec hyperactivité de l’adulte (ASRS) est un outil conçu par l’OMS qui permet d’établir un score de symptômes de TDAH. Plus le score obtenu au test sur le TDAH est élevé, plus la probabilité de présenter un diagnostic de TDAH est importante.

Communiqué de presse Inserm, CH Charles-Perrens, 12 janvier 2026. Image : Pixabay

Attention deficit hyperactivity disorder symptoms and risky sexual behaviours in university students:the i-Share study, C. Offranc, C. Galesne, M. Macalli et al., BMJ Mental Health, Volume 28, Issue 1, 17 dec 2025.

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