Le gouvernement a dévoilé, lundi 12 janvier, les grands axes de sa stratégie de lutte contre la désinformation en santé devenue « massive », qui va parfois jusqu’à mettre « en péril » la santé publique. Un Observatoire de la désinformation en santé permettra d’analyser le phénomène et un dispositif opérationnel d’infovigilance de détecter les fausses informations. Communiqué.
« Quand les fausses informations circulent plus vite que la science, ce sont les plus fragiles qui en paient le prix fort. Et face à cela, l’État ne peut ni se taire ni se contenter de réagir coup après coup. C’est pourquoi, aujourd’hui, nous changeons de méthode », a prévenu la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, lors d’une conférence de presse, lundi 12 janvier. La ministre était venue présenter les grands axes de la stratégie du gouvernement pour lutter contre la désinformation en santé. « Amplifiées par les réseaux sociaux, les fake-news qui concernent la vaccination, les traitements médicaux ou certaines pratiques de soins non conventionnels, peuvent détourner des patients des soins, fragiliser la prévention et nourrir une défiance durable envers la science et les institutions sanitaires ».
Une stratégie engagée dans un contexte de défiance accrue
Dans un contexte marqué par une défiance croissante envers la science et les institutions sanitaires, la lutte contre la désinformation constitue une priorité de santé publique. Garantir l’accès à une information fiable est une condition essentielle pour permettre à chacun de faire des choix éclairés en matière de santé.
Une démarche collective appuyée sur une expertise indépendante
Engagée dès 2025, cette stratégie repose sur une mobilisation collective associant professionnels de santé, chercheurs, journalistes, enseignants, associations, créateurs de contenus, plateformes numériques et citoyens. Pour éclairer ses orientations, une mission d’expertise indépendante a été confiée au Pr Mathieu Molimard, à la Pr Dominique Costagliola et au Dr Hervé Maisonneuve, qui ont conduit 156 entretiens. Leurs conclusions sont également rendues publiques ce jour.
Quatre axes structurants pour une action coordonnée et durable
La stratégie nationale de lutte contre la désinformation en santé, présentée aujourd’hui, s’articule autour de quatre axes complémentaires :
Axe 1 – Une phase nécessaire d’écoute et de consultation citoyennes
La collaboration avec la société civile est au cœur de la stratégie nationale.
Des enquêtes d’opinion, un baromètre national et des communautés citoyennes en ligne sont déployés afin d’analyser l’exposition à la désinformation en santé et les réflexes de vérification de l’information.
En parallèle, la mise en place d’un Comité citoyen permettra de formuler des recommandations sur le rôle des pouvoirs publics.
Axe 2 – Constitution d’un Observatoire de la désinformation en santé
Un Observatoire de la désinformation en santé sera mis en place afin d’identifier, d’analyser et de documenter les phénomènes de désinformation.
Il assurera une veille continue, publiera des baromètres et des travaux de recherche, et animera des groupes de travail thématiques, avec pour objectif de mieux informer, alerter et sensibiliser les acteurs de la santé et de l’information.
Axe 3 – Déployer un dispositif d’infovigilance en santé
À partir de la fin janvier, un dispositif opérationnel d’infovigilance permettra de détecter rapidement les fausses informations en santé, d’en analyser les ressorts et de diffuser des réponses fiables et pédagogiques.
Ce dispositif s’appuiera sur un réseau d’alliés – experts, journalistes, institutions, créateurs de contenus – et proposera des formats adaptés aux réseaux sociaux ainsi que des réponses de référence via le site public Santé.fr.
Axe 4 – Bâtir un socle de confiance propice à l’information en santé
La stratégie vise à agir sur le long terme en renforçant l’éducation critique à la santé dès le plus jeune âge, en poursuivant la responsabilisation des plateformes numériques et en intégrant la désinformation en santé au sein des programmes de recherche.
« La désinformation en santé fragilise la prévention, la confiance et parfois même l’accès aux soins. Avec cette stratégie nationale, nous faisons le choix de l’écoute, de la transparence et de la science, pour permettre à chacune et chacun de disposer d’une information fiable et compréhensible, condition indispensable pour faire des choix éclairés en matière de santé. »
Crédit photo : Adobe Stock.
Pour en savoir plus :
– Consulter la stratégie nationale de lutte contre la désinformation en santé









