Handicap : des conditions de vie plus précaires

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Entre 2013 et 2024, une personne handicapée sur trois âgée de 16 à 64 ans était en situation de privation matérielle et sociale, observe une étude de la Direction, de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) publiée le 23 décembre 2025. De manière générale, les personnes en situation de handicap sont davantage soumises à la précarité financière que la population dans son ensemble.

Les personnes handicapées âgées de 16 à 64 ans ont des conditions de vie dégradées par rapport à l’ensemble de la population. C’est ce que révèle une étude de la Direction, de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), qui publie de nouvelles données – issues de son enquête Statistiques sur les ressources et conditions de vie (SRCV) – sur le profil et les conditions de vie des personnes handicapées âgées de 16 ans ou plus, entre 2008 et 2024. En 2024, environ une personne handicapée sur trois était en situation de privation matérielle et sociale, contre une sur huit dans l’ensemble de la population. Ces proportions sont relativement stables depuis 2013, et le profil des personnes handicapées évolue peu depuis 2008. Par rapport à l’ensemble de la population, elles sont plus âgées, et donc plus souvent divorcées ou veuves et ont plus souvent des enfants, elles sont moins diplômées, vivent plus souvent seules, sont moins souvent propriétaires de leur logement.

Privation matérielle et sociale

Entre 2013 et 2024, une personne handicapée sur trois, âgée de 16 à 64 ans, est en situation de privation matérielle et sociale, contre un peu moins d’une sur six dans l’ensemble de la population du même âge. La part de personnes handicapées déclarant des situations de privation diminue depuis 2022 (de 39 % à 32 % en 2024), après une période de hausse entre 2016 et 2022.

Fragilité financière

En 2024, 52 % des personnes handicapées âgées de 16 à 64 ans et 30 % de l’ensemble de la population déclare ne pas pouvoir faire face à une dépense non prévue de 1 000 euros. C’est la privation la plus courante entre 2013 et 2024, suivie par l’impossibilité de payer au moins une semaine de vacances par an hors de son domicile (44 % des personnes handicapées en 2024) et l’impossibilité de remplacer les meubles hors d’usage (37 %). 

Une situation de précarité et d’isolement croissante depuis 2016

Les personnes handicapées âgées de 16 à 64 ans sont en moyenne deux fois plus souvent divorcées ou veuves que l’ensemble de la population et ont plus souvent au moins un enfant, en partie en raison de leur âge, note encore l’étude de la Drees. Elles vivent moins souvent en couple que la population dans son ensemble, et plus souvent seules ou en famille monoparentale. Cet écart s’est accentué depuis 2016, la part de personnes vivant en couple ayant diminué de 63 % à 53 % entre 2016 et 2024, tandis que celle des personnes vivant seules ou en famille monoparentale a augmenté de 32 % à 41 %.
Les personnes handicapées sont également moins souvent propriétaires de leur logement (55 % contre 63 % dans l’ensemble de la population en 2024 alors que ces parts étaient à peu près égales en 2008) et louent plus souvent un logement à un prix inférieur au marché. Elles sont par ailleurs moins souvent diplômées que l’ensemble de la population et ont moins souvent un diplôme de niveau supérieur au baccalauréat : c’est le cas d’une personne handicapée sur six, contre une personne sur trois dans l’ensemble de la population.

Retrouvez l’intégralité de cette étude de la Drees sur son site internet.