Le « module jeunes » du programme Premier Secours en Santé Mentale (PSSM) lancé par l’association du même nom forme les citoyens depuis 2021 au secourisme en santé mentale auprès d’un public mineur ou jeune adulte. Depuis 2025, la formation s’est étendue aux adolescents (« PSSM Ados ») à travers une expérimentation dans plusieurs collèges et lycées.
Comment aider une personne qui ne va pas bien ? Comment repérer les signes de mal-être, notamment les signaux faibles ? Qu’est-ce qu’il ne faut pas faire ? Un secouriste en santé mentale apprend à intervenir pour écouter, rassurer et accompagner une personne qui présente des signes de détresse psychique vers les soins. « Il ne s’agit pas de se substituer au médecin en établissant un diagnostic mais de savoir réagir », précise Florian Dupin, formateur accrédité aux Premiers Secours en Santé Mentale (PSSM). La formation, dispensée pendant 14h, est une démarche citoyenne lancée en 2019 par l’association PSSM. Adressée à l’origine aux volontaires de plus de 18 ans via un module de formation « standard », elle s’est depuis diversifiée pour intégrer la santé mentale des jeunes et des adolescents.
Spécificités du « module jeunes »
Depuis 2021, le « module jeunes » forme les plus de 18 ans qui le souhaitent à agir plus spécifiquement auprès des adolescents ou des jeunes adultes. « Le public est assez varié, parents, assistantes sociales, enseignants, médecins généralistes, infirmiers… », explique Florian Dupin qui donne, lors de ses formations, des connaissances générales sur le champ de la santé mentale, notamment à propos des quatre troubles psychiques les plus fréquents dans la population générale (troubles dépressifs, anxieux, psychotiques ou liés à l’utilisation de substances). « L’idée est d’apprendre aux futurs secouristes à réagir, en situation de crise et hors crise », résume-t-il. Les participants apprennent à appliquer un plan d’action dit « AÉRER© » pour intervenir efficacement face à une personne en difficulté : « Approcher la personne, évaluer et assister en cas de crise, Écouter activement et sans jugement, Réconforter et informer, Encourager à aller vers des professionnels, Renseigner sur les ressources disponibles ». Le formateur apprend aux participants « à oser agir, à adopter une posture rassurante et leur donne des ressources (numéros utiles, structures…) pour que chacun puisse orienter la personne aidée. Qu’est-ce qu’on peut percevoir ? Qu’est-ce qui doit nous alarmer ? Le plan d’action permet aussi de s’appuyer sur un protocole ».
La formation PSSM Jeunes aborde aussi des troubles plus fréquents chez les adolescents (troubles du comportement alimentaire, automutilation sans intentions suicidaires…). « L’OMS rapporte que la moitié des problèmes de santé mentale commencent avant l’âge de 14 ans, mais la plupart des cas ne sont ni détectés ni traités » rappelle Florian Dupin, qui amène les participants à repérer précocement les signes d’une détresse psychique (changement de comportement brutal, isolement…) et qui reste le plus pratique possible : « J’alterne des apports de connaissance théoriques, des données chiffrées, avec des vidéos de témoignages de personnes qui souffrent de troubles psychiques ou qui mettent en scène le rôle de secouriste en santé mentale. Je fais aussi travailler les participants en sous-groupes à partir de mises en situations ou de jeux de rôles ». Florian Dupin insiste aussi sur la nécessité de « lever le tabou de la santé mentale et de faire en sorte que les participants se sentent légitimes à intervenir, à entamer une discussion avec quelqu’un qui ne va pas bien. Il faut savoir dire à un jeune : tu n’es pas seul, il existe des solutions, des professionnels ».
En tant que secouristes, on intervient dans l’instant présent, on ne fait pas de la recherche de causes. Florian Dupin
Une sensibilisation à la santé mentale dans les collèges et les lycées
Depuis 2025, le programme « PSSM Ados » est également expérimenté dans plusieurs collèges et lycées, cette fois auprès des adolescents. Deux modules de formation, l’un dédié aux collégiens de 12 à 15 ans (sous la forme de 3 séances d’1h) et l’autre aux lycéens de 15 à 18 ans et plus (une séance d’1h30) sensibilisent les plus jeunes aux troubles psychiques. Une étude de faisabilité menée sur un panel de 18 classes et de 506 élèves a révélé des résultats préliminaires prometteurs, selon l’association qui met en avant « une baisse des stéréotypes sur la santé mentale et les troubles psychiques ». Les élèves se sentent plus à l’aise et plus outillés « pour aider un camarade confronté à des problèmes de santé mentale ». L’association prévoit un déploiement plus large à partir du premier semestre 2026, dans les établissements scolaires, mais aussi dans d’autres structures : centre de formation d’apprentis (CFA), maisons familiales rurales (MFR), organismes d’éducation populaire, collectivités, clubs de sports ou associations culturelles.
Légende photo : Une participante lors de la formation Premiers secours en santé mentale.
Crédit photo : ©AudeLemaitre
Pour en savoir plus : rendez-vous sur le site de l’association PSSM France.









