Plus d’un élève d’école élémentaire sur cinq a consulté un professionnel soignant pour des troubles psychologiques ou de l’apprentissage en 2022 révèle l’étude nationale Enabee (Santé Publique France) sur le bien-être des enfants et leur accès aux soins de santé mentale.
Les psychologues arrivent en tête des consultations (11,1%) des enfants de 6 à 11 ans pour des difficultés psychologiques ou d’apprentissage, suivis par les médecins généralistes et les pédiatres (10,9%), les orthophonistes (10,3%), les orthoptistes (5,2%), les psychomotriciens (4%), les psychiatres (3,8%) à égalité avec les psychologues de l’Éducation nationale et enfin les ergothérapeutes (2%), observe l’étude transversale nationale Enabee, portée par Santé Publique France et menée dans des écoles françaises au printemps 2022*. L’enquête révèle que les enfants consultent souvent plusieurs professionnels : un peu plus de 32% des élèves ont vu à la fois un professionnel de la rééducation et un psychologue ou psychiatre. Les consultations en rééducation et chez le psychologue sont les plus intensives, avec souvent plus de 5 séances par an. Si la majorité des soins sont réalisés par des professionnels libéraux, 58% des psychiatres consultés étaient rattachés à une structure sanitaire ou médico-sociale.
Seul 1 élève en difficulté sur 2 consulte
Fait notable, ces consultations concernent à peine plus d’un élève sur deux repérés en difficulté, souligne l’étude. « Ce recours aux soins ne concernait que 52,8 % des enfants identifiés par les échelles psychométriques comme ayant un trouble probable de santé mentale ». Parmi les facteurs associés à un recours accru aux soins (psychologue ou psychiatre), l’étude met en avant le haut niveau de diplôme d’un parent ou le fait que les parents soient séparés. A contrario, le fait que l’un ou les deux parents soient nés à l’étranger est associé à un moindre recours aux soins. La proportion d’enfants ayant eu recours aux soins était « plus importante parmi ceux présentant un trouble oppositionnel probable ou un trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité probable que parmi ceux présentant uniquement un trouble émotionnel probable (58,1 % versus 44,7 % ) », note encore Santé Publique France.
Renforcer la formation des professionnels au niveau du dépistage
Face à ces constats, Santé Publique France rappelle « le rôle central d’orientation des médecins généralistes et pédiatres », l’importance de « renforcer leur formation en dépistage, orientation et accompagnement des enfants qui ont un problème de santé mentale (lorsque cela est possible) » comme piste pour diminuer la part importante des enfants non dépistés et donc non orientés vers des dispositions de soin en santé mentale aujourd’hui en France. Les plateformes de coordination et d’orientation et le dispositif « mon soutien psy » (dont le développement s’est accru entre 2022 et aujourd’hui) pourraient aussi être « des mesures, parmi d’autres, à renforcer pour offrir une prise en soins graduée et adaptée aux besoins des enfants ». Enfin l’attention portée aux troubles émotionnels des enfants, par les professionnels de santé, doit être renforcée, pour éviter de passer à côté.
Les résultats sur les facteurs associés soulignent « l’importance de mieux tenir compte de l’impact des conditions de vie sur la santé mentale et le recours aux soins, de poursuivre les actions de déstigmatisation et d’information sur la santé mentale auprès de la population générale et en particulier auprès des personnes moins diplômées et des personnes nées à l’étranger. Les professionnels de santé devraient également porter une plus grande attention à ces personnes et à leurs enfants en les informant mieux sur les différentes difficultés de santé mentale et avec une attention soutenue pour les accompagner dans leurs besoins et en particulier pour les plus vulnérables ».
*Etude basée sur un échantillonnage aléatoire et représentatif de la population des enfants scolarisés en école publique ou privée sous contrat. 8 172 enfants ont été interrogés.
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• Pour en savoir plus :
Etude – Le recours aux soins pour difficultés de santé mentale, y compris pour des difficultés d’apprentissage, des enfants scolarisés du CP au CM2 en France hexagonale – Résultats de l’étude nationale sur le bien-être des enfants.









