« L’euthanasie et le suicide assisté ne peuvent pas être considérées comme des soins »

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Alors que la Convention citoyenne sur la fin, organisée par le Conseil économique, social et environnemental (Cese) tient sa 6e session les 17, 18 et 19 février (débats accessibles en direct), 13 orga­ni­sa­tions signa­tai­res (1) repré­sen­tant 800 000 soi­gnants publient un avis éthique et pra­ti­que sur les consé­quen­ces d’une poten­tielle léga­li­sa­tion de l’eutha­na­sie et du sui­cide médi­ca­le­ment assisté. Ils affir­ment que ces pra­ti­ques qui impli­quent direc­te­ment les soi­gnants ne peu­vent en aucune manière rele­ver du soin et aler­tent le légis­la­teur sur les mena­ces que ferait peser une telle évolution sur les per­son­nes vul­né­ra­bles. Communiqué.

Alors que la Convention Citoyenne sur la Fin de Vie s’apprête à rendre dans les prochaines semaines ses conclusions, 13 organisations professionnelles directement impliquées dans l’accompagnement quotidien des personnes en fin de vie et représentant près d’1 million de soignants déclarent que :

  • Les personnes vulnérables pour lesquelles l’impératif d’autonomie est inadapté seront directement menacées par le message que leur renverrait une telle législation : enfants, personnes dépendantes, personnes atteintes de troubles psychiatriques ou cognitifs, personnes en situation de grande précarité sociale.
  • Le corpus déontologique et législatif définissant et encadrant la pratique soignante est incompatible avec la mise en œuvre de l’euthanasie et du suicide médicalement assisté.
  • En conséquence, ces actes ne peuvent être en aucune manière considérés comme des soins, sauf à en subvertir fondamentalement la définition.

Engagées de manière inconditionnelle et quel que soit le contexte dans l’accompagnement et le soin des personnes en fin de vie, ces organisations demandent au législateur et au Gouvernement de :

  • Rendre effectif l’accès aux soins palliatifs de tous ceux qui en ont besoin.
  • Laisser le monde du soin en dehors de tout projet de légalisation d’une forme de mort administrée.
  • S’attacher prioritairement à réparer un système de santé fortement dégradé.

Nos concitoyens sont confrontés quotidiennement à des carences inédites de l’offre de soins : démissions de soignants, déserts médicaux, pénuries de médicaments, déficiences dans le suivi et l’accompagnement des patients ou fermetures de services hospitaliers. Les organisations signataires invitent chacun à ne pas déstabiliser davantage un monde de la santé en grande fragilité.

1– Les signatires sont : 2SPP : Société Française de Soins Palliatifs Pédiatriques ; AFSOS : Association Francophone des Soins Oncologiques de Support ; ANFIPA : Association Nationale Française des Infirmier.e.s en Pratique Avancée ; CLAROMED : Association pour la Clarification du Rôle du Médecin dans le contexte des fins de vie. ; CNPG : Conseil National Professionnel de Gériatrie ; CNPI : Conseil National Professionnel Infirmier ; FNEHAD : Fédération Nationale des Établissements d’Hospitalisation à Domicile ; MCOOR : Association Nationale des Médecins Coordonnateurs en EHPAD et du Secteur médico-social ; SFAP : Société Française d’Accompagnement et de Soins Palliatifs ; SFC : Société Française du Cancer ; SFGG : Société Française de Gériatrie et Gérontologie ; SNPI : Syndicat National des Professionnels Infirmiers ; Groupe de Soins Palliatifs UNICANCER (Fédération des cen­tres de lutte contre le cancer).

Donner la mort peut-il être considéré comme un soin ? Réflexions éthiques interprofessionnelles sur les perspectives de légalisation de l’assistance au suicide et de l’euthanasie et leurs impacts possibles sur les pratiques soignantes, 16 février 2023, en pdf sur le site de la Société française des soins palliatifs.