Dans ses lignes directrices aux ARS (à télécharger ci-dessous) pour adapter l'offre de soins en période de déconfinement, le ministère des Solidarités et de la Santé fixe quatre objectifs principaux pour les prochaines semaines et met l'accent sur le maintien d'une capacité de soins dédiée au Covid-19. Cette stratégie pourra être réévaluée en fonction de l’évolution de la situation et des différents paramètres mentionnés.
– Maintenir une capacité de soins dédiée au Covid-19 intégrant l’hypothèse d’une résurgence de l’épidémie
Si, à ce jour et depuis le 9 avril, la tension sur l’offre de soins de réanimation diminue, la prudence reste de mise car l’épidémie continue de progresser avec des entrées de patients COVID+ en réanimation et en hospitalisation de médecine qui restent à un niveau significatif. Des capacités suffisantes doivent donc être maintenues partout sur le territoire pour répondre aux appels dans les SAMU-centre 15, soigner ces patients et prévenir une augmentation rapide du nombre de personnes à prendre en charge. L’évaluation du besoin devra s’appuyer sur les modélisations mises en place et sur le suivi des indicateurs d’activité. La vigilance sur des potentiels rebonds épidémiques sera nécessaire et le réajustement de l’offre de soins dédiée à la prise en charge du covid-19 devra s’accompagner de mesures de réversibilité afin d’y répondre avec réactivité.
– Contenir la propagation de l’épidémie : les tests, le contact-tracing et le port des masques
– Garantir la reprise progressive sur l’ensemble des segments d’activités, la prise en charge hors Covid-19 en priorisant la reprise pour éviter les pertes de chance
– Assurer un pilotage efficace et réactif de l’activité de soin aux niveaux national, régional et territorial pour adapter les décisions nationales et locales en fonction de l’évolution de l’épidémie
Les principes d’organisation
Intégrant les besoins et contraintes liés à la crise sanitaire et réaffirmant la nécessité de prévention de la perte de chance pour les patients, il est primordial de penser la reprise de l’activité programmée sur la base d’une organisation et d’une régulation régionales, mobilisant tous les acteurs de l’offre de soins publics et privés, et appuyées, pour cela, par un système de régulation nationale en capacité d’aider les territoires les plus en tension pour éviter les pertes de chances pour les patients et permettre un égal accès aux soins.
La reprise progressive de tous les pans d’activité du système de soins devra donc être envisagée à trois niveaux :
– la relance et la mobilisation des soins de ville et le maintien des dispositifs ambulatoires intensifs mis en place pendant la crise (en particulier en psychiatrie) ;
– la reprogrammation de l’activité hospitalière et l’organisation d’une régulation concertée et équitable entre les établissements, sur toutes les étapes du parcours, incluant le champ SSR, tout en préservant les capacités de remobilisation, notamment en réanimation ;
– la fluidité des parcours, la protection des publics vulnérables et le renforcement des coopérations entre le secteur sanitaire et les EHPAD ainsi que les établissements d’hébergement pour personnes en situation de handicap, notamment par un recours accru aux substituts à l’hospitalisation conventionnelle (chirurgie ambulatoire, hospitalisation de jour, HAD …).
Pour chacun de ces niveaux, il appartient aux ARS de décliner territorialement la doctrine nationale
Pour la psychiatrie : poursuivre le soutien aux dispositifs mis en place pour adapter la psychiatrie au covid-19
Les perspectives de déconfinement appellent dans un premier temps à une poursuite des dispositifs décrits dans les fiches dédiées aux établissements autorisés en psychiatrie et à un maintien des consignes, et notamment:
– Privilégier, renforcer voire intensifier les dispositifs de soins en ambulatoire, avec l’usage notamment de la téléconsulation lorsque la situation du patient le permet ; maintenir les activités / prises en charge collectives en dématérialisé pour les patients pour lesquels ces prises en charge sont adaptées ;
– Restaurer la relation avec les patients ayant pris leurs distances et recherche proactive des « perdus de vue » sur la base du dispositif mis en place de suivi de la file active ;
– Intensifier les visites et suivis à domicile, avec les équipements de protection nécessaires, notamment pour les patients ne répondant plus au téléphone ;
– Maintenir des rappels réguliers des gestes barrière et des symptômes d’infection selon des modalités adaptées au patient ; rappeler la conduite à tenir en cas de symptômes et lien effectif avec un médecin généraliste ;
– Accorder une attention particulière aux publics classiquement difficiles à atteindre (ASE, précaires, migrants, personnes placées sous main de justice (PPSMJ), mais aussi aux patients médico-légaux (programmes de soins) ;
– Maintenir les mesures barrières adaptées aux hospitalisations en psychiatrie ;
– Maintenir les unités dédiées aux patients atteints du Covid-19 et les dispositifs de coopération avec les services MCO ;
– Accompagner les patients atteints du Covid-19 souffrant de conséquences psychiatriques ;
– Permettre les autorisations de sortie dérogatoires dans le cadre défini au niveau national autorisé9 pour les patients à domicile et pour les patients hospitalisés ;
– Accompagner les aidants et permettre les visites dans le cadre défini au niveau national (à venir).