Selon la Fondation canadienne pour l’amélioration des services de santé (FCASS), réduire l’utilisation inappropriée de médicaments antipsychotiques chez les aînés dans les établissements de soins de longue durée (SLD) entraîne moins de chutes, moins de comportements agressifs et de résistance aux soins et une amélioration de la qualité de vie des résidents et de leur famille.
En 2014-2015, la FCASS a travaillé avec 56 foyers de SLD qui ont accepté de retirer des antipsychotiques aux résidents à qui on a prescrit ces médicaments de façon inappropriée. « Les antipsychotiques sont souvent administrés aux patients atteints de démence pour contrer la résistance aux soins et d’autres comportements difficiles, affirme Stephen Samis, vice-président Programmes, à la FCASS. Mais ils présentent peu d’avantages et ils peuvent avoir des effets nocifs, sans compter que leur surconsommation peut entraîner des complications – en particulier des chutes qui finissent par donner lieu à des visites inutiles aux urgences. Les prestataires de SLD sont d’avis que, grâce à cette initiative qui réduit le recours à ce type de médicament, les soins des résidents et la culture au sein de leur établissement se sont améliorés. Mais, surtout, les membres de famille disent avoir retrouvé leurs proches. »
Après un an seulement, les premiers résultats pour un échantillon de 416 résidents de ces établissements marquent des bénéfices certains.
« L’élimination du recours aux antipsychotiques inquiétait grandement, car on croyait que cela augmenterait les comportements agressifs. C’est ce type de comportement qui a d’abord poussé les établissements à utiliser les antipsychotiques. Notre initiative a non seulement donné lieu à une diminution notable, mais elle a mis un terme aux débats à ce sujet », a déclaré M. Samis. L’expérience a consisté à réduire ou supprimer les médicaments antipsychotiques chez 54 % des résidents (réduction chez 18 %; élimination complète chez 36 %), parmi lesquels on constate :
– une réduction de 20 % du nombre de chutes;
– une réduction de 33 % de la violence verbale;
– une réduction de 18 % de la violence physique;
– une réduction de 26 % des comportements socialement inacceptables;
– une réduction de 22 % de la résistance aux soins.
Au niveau du territoire canadien, les données probantes sur la santé révèlent que de 5 à 15 % des personnes âgées dans les établissements de soins de longue durée ont besoin de médicaments antipsychotiques, or la moyenne nationale est beaucoup élevée.«Certaines provinces comme la Colombie-Britannique et l’Alberta ont adopté une stratégie de réduction des antipsychotiques, mais à l’échelle du pays, il y a encore place à l’amélioration, fait valoir Maureen O’Neil, présidente de la FCASS. Au Canada, il n’y a aucune uniformité dans les soins des personnes atteintes de démence en raison de l’inportance des écarts dans le recours aux antipsychotiques. Nous sommes de plus en plus conscients de l’utilisation inapproprié de ces puissants médicaments et nous avons démontré qu’il est possible d’offrir de meilleurs soins, Il est temps de prendre des mesures audacieuses pour faire en sorte qu’au Canada, toutes les personnes âgées profitent de ces programmes de réduction des antipsychotiques. »