La revue

WADO

Dominique Wauthy, dit WADO.

Il y a longtemps que Wado est passé à l’acte. Depuis cette révélation, il stigmatise et nous entraîne dans une drôle de danse du sabbat aux confins de la frénésie. Tout le mal être de notre civilisation est exprimé par ses gueules grimaçantes, brutales et excessives. Elles forment une farandole cruelle de visages arrachés à un enfermement clinique qui oscille entre violence et tendresse. Nous sommes saisis par la fulgurance du trait qui lève tout un peuple surgi d’on ne sait où. Libéré, il se met en mouvement : « Plus de mots. J'ensevelis les morts dans mon ventre. Cris, tambour, danse, danse, danse, danse ! Je ne vois même pas l'heure où, les blancs débarquant, je tomberai au néant. Faim, soif, cris, danse, danse, danse, danse ! » écrivait Rimbaud. Dans ce violent tourbillon vibratoire, à la puissance expressive inégalée, Wado crie l’angoisse existentielle de notre douloureuse condition humaine. La métaphore du masque ne délivre que l’essentiel lorsqu’elle atteint cette dimension fantasmagorique. C’est un peu comme si elle transcendait les moments les plus intimes de la vie, ceux qui précèdent le rien… Ces images bouleversantes nous plongent au cœur d’une humanité en quête de rédemption. La violence de ces peintures répond au chaos et au mensonge dans lesquels s’enfonce notre civilisation sous le joug de la bêtise et de la folie de l’argent. Et pourtant, il y a de la tendresse dans le propos de l’artiste. Il nous dit la face cachée des choses pour nous rappeler que rien n’est jamais perdu. C’est parfois la voix cruelle qui console. Avec rage et amour.

Gérard GAMAND, rédacteur en chef
d’AZART Magazine, www.azart.fr


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