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La revue

Mathieu Weemaels

Natures mortes, paysages, les sujets de Mathieu Weemaels sont ceux du quotidien, des objets simples et constants : « Mon  travail n’est pas prémédité, confie-t-il. Il est le fruit de la pratique journalière du dessin et de la peinture. D’une certaine manière, je suis le spectateur de ce que je fais, et je ne  le comprends parfois que longtemps après. Le point de départ de mes tout premiers tableaux se trouve dans le petit monde clos de mon atelier. Ce sont des objets simples, duquotidien. Certains s’y trouvent par hasard, d’autres ont été apportés là, au gré de mes envies et de mes découvertes : bougies,  veste suspendue à un clou, tissus, tables, miroirs… Bien que j’aie toujours été attiré par la figuration, mon objectif n’est pas de recopier ce que je vois exactement, mais de créer une œuvre qui soit parlante et se suffise  à elle-même. Au fond, le sujet réel de mes  “coins d’atelier” est le silence, la solitude, la  beauté des objets qui se révèle lorsque l’on  s’y attarde. La lumière froide de Belgique est  un élément majeur apportant aux choses, un mystère, une certaine nostalgie… On  retrouve très souvent des miroirs dans mes compositions. J’ai toujours été attiré par le réel reflété, créant l’illusion d’un autre  monde possible, d’une autre réalité à portée  de main. Peu à peu, s’est développée l’idée  d’utiliser ces miroirs comme des fenêtres, comme un tableau dans le tableau, un  lien vers l’abstraction : un espace plus libre au sein même de la figuration et  de ses exigences. »

À petites touches, l’artiste dévoile un univers intimiste, tout en délicatesses et subtilités. Y résonne l’écho universel de la nostalgie. Fragiles et intemporelles, puissance et ténues, ces images captent le regard pour longtemps, questionnent la condition humaine et invitent à l’introspection et à la rêverie.


< Isabelle Pelletane
Nicholas Coss >