La revue

Jen Davis

Née à Akron (Ohio) en 1978, Jen Davis travaille à Brooklin. Diplômée de l’Université de Yale en 2008, elle a réalisé de nombreuses expositions et remporté en 2011 le prix « Forward Facing » du Foward Thinking Museum de New York.
Au cours des dix dernières années, Jen Davis a travaillé sur la représentation de son propre corps et produit ainsi une série d’autoportraits impressionnants (dont une partie illustre magnifiquement ce dossier). Elle se met en scène, dans une quête de l’intimité et de l’acceptation, et pose avec acuité la question de l’estime de soi, du rapport au corps, du regard de l’autre. Sans concessions, elle travaille les gros plans, et s’attarde sur la peau, les plis… Elle raconte, images par images, son combat quotidien et prend le contre-pied de la stigmatisation sociale. Récemment soignée par la chirurgie, elle perd plus de 45 kg et se photographie encore, comme pour traquer au quotidien ses transformations physiques et psychologiques.
« Je veux questionner l’identité et l’image corporelle », dit cette artiste dont les images fortes permettent de décaler le regard sur l’obésité. L’enfance affleure dans ses expressions, le féminin déborde de ses poses touchantes. Grâce à des cadrages subtils, des lumières chaudes, des couleurs pastel mais soutenues, émergent la douceur, la sensualité, une certaine bienveillance, mais aussi le courage, la solitude, des questionnements…
Au fil du temps, ses autoportraits la font évoluer : « Au départ, je n’ai pas pensé au spectateur. C’était surtout une recherche personnelle et un besoin de me définir, de me trouver. Je ne pouvais pas le faire avec des mots. Ensuite, du fait que des gens ont vu et commenté ce travail, au bout du compte, cela a été en quelque sorte thérapeutique pour moi. »
Dans d’autres séries, Jen Davis a également exploré le sujet du masculin et du rapport hommes-femmes, poursuivant ainsi ses recherches sur le corps et les relations humaines.


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