La revue

Jacqueline Devreux

Depuis plusieurs années, Jacqueline Devreux décline des autoportraits ou portraits féminins. Graves, dignes, sauvages, douloureux, profonds, vivants, vibrants… ses visages bouleversent. Comme face à une énigme, le spectateur est happé par la force et le secret de ses regards.
Cette magnifique galerie de portraits féminins vient illustrer ce dossier sur le viol, comme des présences silencieuses, contenantes et chaleureuses. La technique picturale de Jacqueline Devreux mêle facture délicate et construction baroque. À l’huile ou à l’encre, avec des tons sombres et chamarrés, un remarquable travail sur les nuances, ses peintures évoquent la photo, ce qui donne un effet de réel, croisé avec des images de rêves ou de cauchemars, estompés, flous. De ce choc visuel naît une impression d’inquiétante étrangeté… Pour Pauline Hatzigeorgiou, historienne d’art, Jacqueline Devreux « pose la question de l’être, de la frontière entre réalité et rêve, de la limite entre événement vécu et mémoire sublimée. Son travail s’ancre dans la mise en tension de l’effet de réalité photographique et de la représentation picturale fantasmée. En s’appropriant des images issues tant de la tradition artistique légitime que de domaines plus insolites, l’artiste explore les référents collectifs et accède au remake de ses identités multiples. (Auto)portrait inachevé, l’œuvre de Jacqueline Devreux renverse la conception traditionnelle de la muse et se déploie telle une poursuite éperdue de ses identités propres, un exutoire aux émotivités diverses, où se confondent les multiples facettes de sa féminité. »
Jacqueline Devreux vit et travaille entre Paris et Bruxelles.


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