La revue

Christophe Hohler

D’emblée, la peinture de Christophe Hohler révèle sa préoccupation première : la représentation du corps. Le mouvement, les attitudes, la façon dont il s’impose dans son intégrité et dans l’espace… L’artiste décline des silhouettes très colorées, de face, de profil, de trois quart, de dos, dans des toiles entre figuration et expressionnsime. La puissance massive du corps s’impose au spectateur, brute et mystérieuse. D’une beauté presque tragique, ses tableaux évoquent le réel, la chair, la pesanteur, la douleur parfois, l’élan, la vie… Christophe Hohler a collaboré avec Santé mentale pour le n°227, consacré aux Soins psychiatriques aux personnes détenues.

L’artiste est focalisé sur le corps. Pas de décors, peu d’accessoires, seules quelques lignes évoquent dans certains fonds des éléments autres que les figures représentées : un espace ouvert où l’on peut deviner un fauteuil, un sol, une fenêtre, un miroir… Ce qui est en jeu, c’est cette présence humaine, qui questionne le rapport à soi et à autrui dans de rares interactions. Le peintre laisse la réalité anatomique de côté, évoquant la nudité plus qu’il ne la montre, suggèrant des attitudes sans les expliciter : l’attente, l’écoute, la méditation, l’observation, l’écoute, le partage…  Songeurs, ses personnages interpellent par leur proximité et leur étrangeté. 

Très colorées, les toiles déclinent des séries. La matière jaillit, dans un balayage rapide et vigoureux, les traits s’affirment, les silhouettes se découpent dans un jeu de contrastes, ombre et lumière, rouges, jaunes puissants et fonds pastels…  Huile, gouache, encre, l’artiste mêle les matières et les techniques au gré de  l’inspiration.

Artiste pluriel, Christophe Hohler est plasticien, sculpteur, graveur, performer, musicien… Né à Bâle en 1961, il vit et travaille aujourd’hui en Alsace. 


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