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L'intelligence artificielle : enjeux et perspectives

PARIS

Colloque organisé par l'Association française de psychiatrie

De la machine de Türing aux derniers développements des algorithmes et du « deep learning », l’IA ne cesse d’alimenter les fantasmes les plus variés. Mais quel est le pouvoir réel de l’IA face à l’esprit humain dont la puissance réside dans la coopération automatique et subconsciente entre la dimension affective et émotionnelle, la dimension symbolique et logique que permet le langage, et une troisième dimension qui est la capacité à se forger une représentation décentrée et autonome de « soi au monde ».

À un premier niveau de cette décentration, l’être humain reconnaît l’altérité (Théorie de l’esprit), à un second, plus tardif dans le développement, il acquiert la capacité d’un raisonnement sur les symboles mêmes (calcul algébrique, intentionnalité). Cette singularité de l'homme ouvre à l'infini les possibles que permet la délibération et à l'émergence d'une ethique de la responsabilité. Ainsi, malgré la course au cerveau artificiel qui vise à formaliser l'ensemble de nos processus cognitifs pour les télécharger dans un robot devenu notre avatar immortel, malgré les annonces de l’avènement du point de singularité prévu par certains à l’aune d’une génération, une IA globale, générale et autonome paraît être du domaine de l’utopie.

Par contre du classement automatique de nos photos dans des albums par les logiciels des smartphones les plus récents à la surveillance du citoyen sur la voie publique, de la reconnaissance émotionnelle au ciblage publicitaire, de la reconnaissance vocale à l’intrusion dans la vie privée, de la formation de groupes d'amis sur les réseaux sociaux à l'information dirigée en vue d'influencer les décisions, de nombreux systèmes sectoriels d'IA infiltrent notre quotidien. Du fait de leurs applications et de leurs performances croissantes, il nous paraît nécessaire d'en connaître les règles d‘élaboration et de nous interroger sur l’éthique de leur utilisation.

En quoi ces systèmes partiels d’IA, dite faible, pourraient-ils être des compagnons de notre pratique ? De l’aide au diagnostic au repérage de types de personnalité en passant par une meilleure capacité à prédire et à prescrire, ces algorithmes, encore du domaine de la recherche, offriront-ils une réelle amélioration de notre efficacité à traiter nos patients ou ne seront-ils que de nouveaux leaders d'opinion "anonymisés" et un carcan dogmatique et bureaucratique de plus ? Quant à leur efficacité possible dans le champ thérapeutique, en utilisant par exemple les fameux robots capables d’exprimer et de reconnaître des émotions, ne résonnerait-elle pas avec les fameux vers de Lamartine : « Objets inanimés, avez-vous donc une âme qui s'attache à notre âme et la force d'aimer ?"

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Rens. : tél. : 01 42 71 41 11, secretariat@psychiatrie-francaise.com, www.psychiatrie-francaise.com



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L'intelligence artificielle : enjeux et perspectives

Le 25 Septembre 2020

Paris
France

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