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Entendre la folie - psychanalyse en psychiatrie

PARIS

Colloque organisé par Paul Denis, Alain Gibeault et Geneviève Welsh de la Société psychanalytique de Paris (SPP), en partenariat avec l’ASM13, les Presses universitaires de France et la revue Cliniques, à partir de l’oeuvre de Paulette Letarte

"On ne naît pas psychothérapeute de psychotique, on le devient" - Paulette Letarte

Tout psychiatre, qu’il le veuille ou non, exerce une forme de psychothérapie. Freud faisait remarquer que si le médecin cherchait à éviter la psychothérapie, le patient de son côté n’était pas du tout disposé à s’en passer. Toute situation psychiatrique implique un échange psychothérapeutique, celui-ci aura un effet, bénéfique ou négatif, mais jamais neutre. L’un des apports principaux de la psychanalyse est d’avoir développé profondément la compréhension de cette dimension relationnelle aussi bien du côté du patient — l’ensemble des phénomènes de « transfert » — que du côté du médecin : son « contre-transfert » mais aussi ses contre-attitudes, d’amour, de crainte ou de rejet par exemple. 

La folie fait peur, la comprendre est s’en approcher. Tout un courant de la psychiatrie d’aujourd’hui s’est davantage organisé dans une perspective d’objectivation — de mise à distance — des troubles psychiques plutôt que dans celle de leur compréhension. La démarche médicale appliquée à la psychiatrie prévaut, négligeant la spécificité du trouble psychopathologique et la dimension relationnelle de leur survenue ou de leur déterminisme, ainsi et surtout que son importance essentielle dans toute entreprise thérapeutique.

Sans négliger les apports des neurosciences et de la psychopharmacologie, la psychanalyse d’aujourd’hui développe l’autre volet de l’exercice de la psychiatrie, c’est-à-dire celui de la compréhension, celui de la part de la causalité psychique dans les troubles présentés. Ni la psychiatrie ni la psychanalyse n’ont assez de pouvoir pour se passer l’une de l’autre. L’alliance entre psychiatrie et psychanalyse est indispensable.

Aborder la façon dont, subjectivement, les mouvements psychiques et affectifs douloureux ou pathologiques sont vécus est essentiel et conditionne la façon dont les traitements proposés seront acceptés et suivis. Et, en milieu institutionnel, percevoir ce que vivent ensemble le « patient » et l’équipe soignante qui s’occupe de lui est la condition nécessaire, même si elle n’est pas suffisante, à l’obtention des objectifs que l’on s’est fixé.

L’expérience des traitements psychanalytiques, heureux, de sujets « états limites » ou « psychotiques » montre qu’ils sont le fruit d’une synergie entre l’action d’un psychiatre et celle d’un psychanalyste. L’œuvre de Paulette Letarte est éloquente de ce point de vue. 

Mais la formation à la psychanalyse développée dans les instituts de psychanalyse ne suffit pas, il faut « devenir psychothérapeute de psychotique » pour pouvoir assurer un cadre fiable, supporter dans la durée les vicissitudes d’une relation en général difficile, pour avancer, finalement vers le rétablissement d’une organisation psychique vivable ; soutenir patiemment le mouvement du patient qui sent en lui , disait Antonin Artaud, « …la place à chercher d’une étoile jamais encore issue dans le vide du cœur ».

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Rens. : tél. : 01 43 29 66 70, alpage@spp.asso.fr , www.spp.asso.fr



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Entendre la folie - psychanalyse en psychiatrie

Le 29 Février 2020

ASIEM, 6 rue Albert de Lapparent
Paris
France

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