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Suicides d'infirmiers : mais que fait le ministère ?

Après plusieurs suicides d'infirmiers ces dernières semaines (cinq décès depuis juin) et face à l'inertie de la Ministre de la Santé, la Coordination Nationale Infirmière (CNI) adresse une lettre ouverte à François Hollande dans laquelle elle demande "une intervention rapide pour que cesse l'inacceptable !" .

Pour sa part, Thierry Amouroux, Secrétaire Général du Syndicat National des Professionnels Infirmiers SNPI CFE-CGC souligne que , "les conditions de travail se dégradent un peu partout. La pression devient trop rude sur des professionnels que l’on pousse à bout (rappels sur repos, polyvalence imposée, perte de sens, sous-effectif, pression à l’activité). Ces réorganisations sont en rupture avec les valeurs soignantes, et débouchent sur une maltraitance des soignants et la mise en danger des patients."

Les patients n’en peuvent plus des attentes aux urgences, des lits dans les couloirs, et l’agressivité augmente, rappelons que 5 703 infirmiers ont été victimes de violences en 2014, soit 15 par jour selon dernier rapport de l’ONVS.

Sollicité par Hospimédia, l'Ordre National Infirmier (ONI) réclame des gestes forts. Son président Didier Borniche évoque un sentiment de malaise qui s'amplifie. "Nous avons beaucoup de remontées, via les réseaux sociaux notamment, qui se sont emparés de ce sujet, depuis plusieurs mois. Ce mal-être est lié au manque de considération", confie-t-il ce 2 septembre. C'est pourquoi l'ordre demande un accompagnement des infirmiers. "Nous avons rencontré le cabinet de la ministre en juillet, et allons demander une deuxième rencontre", poursuit Didier Borniche qui annonce une étude qui sera menée auprès des quelque 200 000 professionnels inscrits au tableau de l'ordre. Un questionnaire leur sera envoyé par mail dans les prochaines semaines. "Nous ne pouvons pas nier la liaison entre le travail, ses conditions, et ce qui s'est passé ces dernières semaines. Le personnel soignant est au cœur des restructurations. Avec des conséquences qui pèsent sur son bien-être mais aussi sur la qualité des soins", souligne Didier Borniche. "L'ordre sera vigilant et continuera de saisir les tutelles sur cette question du mal-être au travail", prévient-il.


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