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Sensibiliser à la friction des mains avant les soins

En milieu de soins, les professionnels limitent au quotidien la transmission des micro-organismes en se désinfectant les mains aux moments clés de la prise en charge de leurs patients. L’audit de pratiques Pulpe’friction créé en 2019 par MATIS (Mission d’Appui Transversal à la prévention des Infections associées aux Soins) permet d’évaluer les pratiques des professionnels en milieu de soins mais aussi d’en identifier les freins et éléments socio-psychologiques afin d’offrir aux équipes un plan d’action personnalisé pour orienter leurs choix d’actions. Pulpe’friction est utilisable en permanence grâce à son application web gratuite, par les équipes des établissements de santé et médico-sociaux.

Au 20 septembre 2019, 302 établissements (282 établissements de santé et 20 établissements médico-sociaux) se sont lancés dans l’analyse par équipe des pratiques de prévention du risque infectieux, via l’audit Pulpe’friction » du RéPias ; 206 ont terminé de saisir leurs données (194 établissements de santé et 12 établissements médico-sociaux) et ces premiers résultats synthétiques sont désormais disponibles. Au total, 7 754 professionnels de santé ont été interrogés dont 814 médicaux.

Les résultats montrent une part de la désinfection par friction hydro-alcoolique dans l’hygiène des mains égale à 61% et des disparités d’observance de la friction selon les situations cliniques, l’étape de friction la mieux respectée étant celle avant la pose d’un dispositif invasif. Les trois principaux freins à la friction hydro-alcoolique déclarés sont la crainte de la nocivité du produit, le caractère inconfortable ou désagréable du produit et le fait de considérer ses gestes professionnels comme non à risque.

Egalement 2283 patients/résidents ont été interrogés, appartenant majoritairement à la tranche d’âge des 65-84 ans. S’ils sont 74% à répondre que les patients doivent contribuer à évaluer l’hygiène des mains des professionnels de santé, ils ne sont que 35% à déclarer avoir reçu une information dans le cadre de leur séjour, sur les moments où, en tant que patient, ils devraient faire une hygiène des mains.

Ces premiers résultats orientent alors les actions nationales  :

- sensibiliser davantage encore les professionnels à l'importance de la démarche avant de toucher un patient pour un examen ou un soin,

- montrer le risque de transmission lors d'un contact avec l'environnement proche et

- mettre en avant les argumentaires scientifiques relatifs à la non-nocivité des produits hydroalcooliques et à leur efficacité.

-  poursuivre la structuration de la lutte contre les fausses informations sur les produits

- interpeller les industriels pour les engager à recueillir le degré de satisfaction de leurs utilisateurs afin d'améliorer la composition de leurs produits.

- engager les décideurs à tester les produits auprès des utilisateurs avant d'en valider le marché est également une voie recommandée.

Enfin, la mission invite à poursuivre les analyses afin d'identifier les contextes précis dans lesquels les gestes sont considérés non à risque pour améliorer les formations et informations aux professionnels concernés. Une analyse détaillée de cet audit avec croisement des données sera alors mise à disposition en 2020.

Au final, une observance de l’hygiène des mains des professionnels ressentie comme satisfaisante pour les patients et une volonté de participer à cette évaluation ; une part trop faible de la friction dans l’hygiène des mains par les professionnels, associée à la notion de « nocivité des produits » comme frein principal à leur usage ; et un désir fort d’information des patients/résidents sur l’hygiène des mains très peu satisfait à ce jour.


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