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Réduire la stigmatisation dans les soins

22% des familles et des usagers de la psychiatrie rapportent des situations de stigmatisation de la maladie mentale vécues auprès de professionnels de santé (1). Une équipe bordelaise (Laboratoire de psychologie-Université de Bordeaux) travaille depuis quatre ans sur cette question de la stigmatisation, avec des publications en cours de rédaction. Les chercheurs ont notamment conduit une série d’enquêtes sur le stéréotype de la schizophrénie en France, en population générale, chez les familles, les usagers, et enfin les professionnels. Parallèlement des études sur les effets du stéréotype chez les usagers (notamment l’amplification artificielle des difficultés cognitives et affectives) ont été menées. Leurs résultats ont des conséquences importantes sur les pratiques soignantes de terrain (notamment l’évaluation des fonctions cognitives et la remédiation cognitive).
Dans le prolongement, le projet Stigmapro vient d’être lancé pour quatre ans, afin de réduire cette stigmatisation dans les pratiques professionnelles en santé mentale. Il s’agit d’orienter activement les soins vers le rétablissement, dont un des freins reste la stigmatisation. L’objectif général est de développer, dans une perspective de pratique basée sur les preuves scientifiques, une méthode de travail visant la déstigmatisation en psychiatrie adulte. Le projet inclut des phases de recherche fondamentale et appliquée. Il s’appuie sur une équipe multidisciplinaire et la coconstruction entre les différents acteurs : usagers, familles, professionnels, décideurs institutionnels, chercheurs.
Une intervention pilote sera conduite au CH de Jonzac, au sein du Pôle de psychiatrie adulte du Dr Destaillats et de l’Équipe mobile de rétablissement (Espair), coordonnée par Julien Bonilla-Guerrero, ergothérapeute.
Le projet est principalement financé par l’Agence régionale de santé Nouvelle-Aquitaine, avec la participation de la Fondation internationale de la recherche appliquée sur le handicap (Firah). L’équipe est en quête de cofinancements, notamment pour la participation active de jeunes chercheurs et l’implication de chercheurs étrangers.

1– Beate Schulze (2007) Stigma and mental health professionals: A review of the evidence on an intricate relationship, International Review of Psychiatry, 19:2, 137-155, DOI:10.1080/09540260701278929

  • Contact : Antoinette Prouteau, maître de conférences, Université de Bordeaux (Gironde) et neuropsychologue clinicienne au CH de Jonzac (Charente-Maritime) en psychiatrie adulte, antoinette.prouteau@u-bordeaux.fr.


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