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Violation des droits des personnes en psychiatrie en Europe

En Europe, des images de la psychiatrie au début du XXe siècle montraient des patients enfermés pendant des années, sous sédatifs ou stérilisés de force, soumises à des conditions inhumaines et éloignées de la société, souvent sous la surveillance de médecins. Qu'en est-il aujourd'hui ? Mental Health Europe et le Centre Tizard, Université de Kent, présentent l'état des services de santé mentale à travers l'Europe. Leur rapport Mapping and understanding exclusion in Europe (Cartographier et comprendre l'exclusion en Europe) documente les pratiques actuelles des systèmes de santé mentale dans 36 pays européens du point de vue de la santé et des droits de l'homme. Bien qu'il y ait eu des progrès depuis 2012 et le précédent rapport de ces chercheurs, les violations des droits de la personne et l'institutionnalisation forcée demeurent monnaie courante.

Le rapport présente un état des lieux des lois sur la santé mentale dans les 36 pays, l'utilisation de placements et de traitements involontaires ou forcés, la pratique de la réclusion et de la contrainte, ainsi que des questions émergentes dans le domaine de la santé mentale en Europe. Il éclaire la situation des droits de l'homme pour les personnes qui utilisent les services de santé mentale et des services psychosociaux. Un accent particulier est mis sur les histoires de personnes qui ont vécu l'institutionnalisation et la coercition dans les services de santé mentale pour contribuer à une compréhension plus profonde de l'exclusion de ces patients.
Bien que des réformes ont eu lieu, l'étude montre qu'il existe des obstacles aux changements, tels que la faible coopération entre les autorités sanitaires, le manque de services communautaires conformes aux droits de l'homme, la transinstitutionnalisation et l'austérité. Par ailleurs, ces dernières années, la désinstitutionnalisation a été présentée comme une question essentiellement d'Europe centrale et orientale. Mais il existe également des institutions dans de nombreux pays occidentaux, dont la France, la Belgique, l'Irlande, les Pays-Bas, le Portugal et l'Allemagne, où des dizaines de milliers de personnes souffrant de problèmes de santé mentale vivent encore en institution et où peu de choses sont faites. En Europe centrale et orientale, la mise en œuvre de programmes de désinstitutionnalisation financés par l'UE a été lente, et les données sur les résultats réels de ces programmes sont limitées.
Via de nombreux témoignages personnels, ce rapport montre que le placement et le traitement involontaires peuvent avoir des effets dévastateurs et à long terme sur la vie des personnes, qui pointe très largement le manque d'information avant et pendant l'admission, les mauvaises conditions physiques, les médicaments forcés avec effets secondaires graves, l'absence d'aide juridique, le préjudice physique et émotionnel, l'isolement social et physique et la stigmatisation.

  • D'après le résumé en anglais de Mapping and understanding exclusion institutional, coercitive and community-based services and practices across Europe. Menth Health Europe, janvier 2018, document en téléchargement gratuit.


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