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Marisol Touraine précise sa politique en santé mentale et psychiatrie

A l'occasion de l'inauguration d'un nouveau bâtiment au CH Sainte-Anne à Paris, la ministre de la Santé et des Affaires sociales, Marisol Touraine, a présenté son cadre de travail pour décliner sa politique de santé mentale et de psychiatrie dans le cadre de la stratégie nationale de santé et du projet de loi santé.

La ministre a tout d'abord rappelé un contexte « de multiples rapports publics » sur la santé mentale et la psychiatrie, qui, depuis plus de dix ans, convergent dans le sens du plan global de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) :

– une meilleure formation des professionnels;

– une réduction des disparités régionales;

– une meilleure collaboration entre hôpitaux et libéraux;

– un décloisenement entre secteurs sanitaire, médico-social et social.

Franchir une nouvelle étape

Marisol Touraine constate que si la psychiatrie a radicalement évolué ces dernières décennies, « une nouvelle étape pour améliorer la santé mentale et la psychiatrie doit être franchie ». Elle souligne notamment qu'« il nous faut accélérer le décloisonnement de la prise en charge psychiatrique » qui doit s'intégrer dans le système de soins primaires, dans une  meilleure coordination avec les services et les acteurs sociaux et médico-sociaux. « Il s’agit également de poursuivre la diversification des activités de l’hôpital, je pense par exemple à l’aide aux aidants. C'est là le meilleur moyen de lutter contre les inégalités de santé, de renforcer nos actions de prévention et de favoriser l'émergence de parcours de soins et de vie adaptés aux personnes. »

La ministre souligne que « la santé mentale ne se limite pas à la prise en charge hospitalière (…) En amont, c’est aussi la prévention des troubles mentaux par la promotion d’un environnement favorable. Le traitement de la maladie mentale ne peut pas se limiter à une prise en charge médicale : il doit “s'ouvrir à la cité”, s'inscrire dans un territoire et mobiliser toutes les forces qui le composent. Tel est le sens profond de la loi de santé. Cette logique de territoires et de coopération entre les acteurs que je poursuis, la santé mentale et la psychiatrie viennent l’illustrer au mieux. (…) Dans cette coopération territoriale, les élus locaux jouent un rôle clef. (…) Le soutien des aidants et des familles doit être reconnu. Il s'agit aussi de soutenir les bénévoles et les inittiatives qui permettent aux patients de si'adre entre eux », la ministre saluant ici le rôle des Groupes d'entraide mutuelle (GEM).

Marisol Touraine a évoqué « la démographie médicale, l’évolution des métiers, les coopérations entre les différents professionnels, comme autant d’enjeux qui doivent être intégrés aux réformes que nous avons à mener. » Elle estime que la démographie des psychiatres hospitaliers est un "enjeu particulièrement critique" compte-tenu du nombre important de postes de psychiatres hospitaliers non pourvus. Des mesures immédiates s'imposent donc pour favoriser la prolongation d’activité des professionnels en exercice et travailler sur l’attractivité du début de carrière. Par ailleurs « une réflexion sur le développement des compétences nécessaires à l’exercice infirmier en santé mentale » doit s'engager, en lien avec les professionnels et leurs représentants, ainsi qu'une réflexion sur le rôle renforcé des psychologues cliniciens, dans le strict respect des prérogatives des psychiatres et celui, « central » des assistants sociaux dans l’accompagnement des malades souvent isolés et démunis.

A propos de la lutte contre la stigmatisation de la maladie mentale, jugée essentielle, des initiatives diverses doivent être soutenues. La ministre a indiqué avoir accordé son patronage aux Mad Days, initiative de la Fédération Nationale des Association d'Usagers en Psychiatrie (FNAPSY) et de l’Union nationale des amis et familles de malades psychiques (UNAFAM).

Une mission de psychiatrie de secteur

La ministre indique également avoir souhaité que la loi instaure une mission dite de psychiatrie de secteur : « Cette mission organise un recours à des soins spécialisés de proximité. Elle replace la psychiatrie de secteur dans le cadre global du Service territorial de santé au public (STSP). Elle contribuera à la prévention et à l’insertion des personnes avec les autres acteurs du territoire. »

Enfin la minsitre souligne le rôle important d'une recherche « insuffisamment développée en psychiatrie. Par exemple, nous manquons parfois d’études épidémiologiques. La recherche en santé mentale doit progresser aussi bien dans le champ de la biologie, de l’imagerie, des sciences sociales et humaines que de l’organisation des systèmes de prise en charge »

Un pilotage exemplaire

En conclusion, Marisol Touraine rappelle que « tout ne peut pas être traité par la loi. Un pilotage exemplaire est requis pour avancer et poursuivre la mobilisation, dans un cadre de dialogue avec l’ensemble des acteurs concernés. » Le directeur général de l’Agence régionale de santé d’Aquitaine, Michel Laforcade, est ainsi chargé de piloter les travaux sur la santé mentale et la psychiatrie, dans trois directions :
– le déploiement sur les territoires de ces objectifs de décloisonnement, ces parcours de soins de soins et de vie ;
– les pratiques, la formation et les métiers de demain, intégrant les évolutions de la démographie médicale ;
– la citoyenneté.


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