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Les ados et les substances psychoactives

Pourquoi les adolescents ont-ils recours aux produits psychoactifs ? Quels sont leurs modes d’entrée dans ces consommations et avec quelles attentes, quelles pratiques et quelles représentations ? Pour explorer ces questions, l’Observatoire français de drogues et des toxicomanies (OFDT) a lancé en 2014 une vaste enquête qualitative baptisée Aramis (Attitudes, représentations, aspirations et motivations lors de l’initiation aux substances psychoactives). Pendant trois ans, près de 200 jeunes âgés de 13 à 18 ans, issus de milieux sociaux et de territoires diversifiés, ont été interrogés en face-à-face en France métropolitaine.
Après une première synthèse des résultats (1), ce nouveau rapport approfondit trois axes d’analyse : les contextes d’initiation ; les représentations des produits ; les motivations d’usage et les dynamiques des trajectoires de consommateurs.
L’enquête souligne la très forte corrélation entre, d’une part, les modes de vie et les sociabilités qui relèvent de dynamiques collectives, et, d’autre part, les occasions de consommation et les « bénéfices » perçus à consommer des produits comme l’alcool ou le cannabis. Les représentations sociales attachées aux différents produits influencent fortement l’évaluation et les niveaux de connaissance des risques : ainsi, plusieurs décennies de mesures restrictives sur le tabac semblent avoir participé à sa dénormalisation pour les jeunes. À l’inverse, la forte accessibilité du cannabis et la représentation de supposés « qualités » (naturel voire « bio », potentiellement thérapeutique…) ont contribué à sa normalisation. De même, l’omniprésence des images positives de l’alcool au sein de l’espace social (incluant la famille mais aussi la publicité et le marketing, les séries télévisées ou les jeux vidéo…) joue un rôle central dans le phénomène du déni des risques liés à l’alcool. L’enquête révèle, enfin, que les mineurs apparaissent très demandeurs de repères et d’informations concrètes, opérationnelles et faciles à mémoriser, afin de contrôler et de maîtriser de leur propre consommation. Ces résultats ouvrent « des pistes concrètes de prévention », centrées notamment sur l’accompagnement (y compris non-thérapeutique) et la réduction des risques.
1– Tendances n° 122, OFDT, décembre 2017.

  • Attitudes, représentations, aspirations et motivations lors de l’initiation aux substances psychoactives, Enquête Aramis, I. Obradovic, OFDT, oct 2019, www.ofdt.fr


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