9 bonnes raisons semaine 46

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Le Syndicat des Psychiatres Hospitaliers réclame des mesures sur l'attractivité des carrières médicales

Le Syndicat des psychiatres des hôpitaux a voté six motions. L'une d'elles porte sur l'attractivité des carrières médicales. Il appelle à une valorisation du statut de praticien hospitalier. Les autres concernent les soins sans consentement, la reconnaissance, la gouvernance, la formation et la psychiatrie infanto-juvénile

Le Syndicat des psychiatres des hôpitaux (SPH) a tenu dernièrement à Bruxelles son assemblée générale. Six motions ont été adoptées. La première d'entre elles concerne le statut de psychiatre hospitalier et notamment l'attractivité de la profession. "Le SPH dénonce l'inertie du Gouvernement à concrétiser les mesures d'attractivité des carrières médicales hospitalières et exige que les mesures destinées à améliorer cette attractivité soient mises en œuvre réellement." Il demande aussi "l'ouverture urgente de négociations apportant des résultats concrets", énonce le compte rendu de l'assemblée générale. Le SPH souhaite qu'une série de mesures de valorisation du statut de praticien hospitalier soient mises en place, comme l'homogénéisation des modalités de rémunération du temps de travail additionnel et des astreintes, la suppression des cinq premiers échelons de la carrière de praticien hospitalier (PH) et la création d'un quatorzième échelon.

Il exige également un accès avant la fin du troisième cycle d'études au concours national de PH ; la prise en compte de l'internat dans le calcul de l'ancienneté ; un statut unique de PH provisoire, "avec une couverture sociale décente" et des avantages équivalents en période probatoire à ceux des titulaires ; le respect des 48 heures hebdomadaires maximum. Concernant l'investissement des médecins dans les groupements hospitaliers de territoire (GHT), le SPH attend des garanties sur l'aspect volontaire de cet engagement, le respect du projet médical partagé et l'attractivité de la compensation financière attribuée aux praticiens investis. À propos de la représentation syndicale, il prône un renforcement de la démocratie sociale au sein des pôles, des services, des commissions médicales d'établissements (CME) et des instances des GHT ainsi que le développement d'un observatoire de la souffrance au travail. Le SPH souhaite également voir les droits syndicaux des praticiens hospitaliers alignés sur ceux de la fonction publique hospitalière.

Représentation obligatoire dans les GHT

La seconde motion adoptée, relative aux soins sans consentement, exige la création d'un groupe de travail réunissant professionnels et pouvoirs publics. "Le SPH rappelle aussi demander de longue date une seule modalité de soins sans consentement, faisant uniquement référence à des finalités thérapeutiques et excluant toute référence à la notion d'ordre public", poursuit le compte rendu du syndicat. Il appelle "l'attribution de moyens permettant de limiter le recours à l'isolement et à la contention". Concernant le métier en psychiatrie, la troisième motion exige "la reconnaissance du rôle incontournable de la psychiatrie publique et de la diversité de ses références théoriques" par les pouvoirs publics, notamment par l'octroi de moyens suffisants ou encore l'enrichissement des formations initiale et continue des différents intervenants en psychiatrie.

La quatrième motion s'attarde quant à elle sur la gouvernance territoriale. Le SPH revendique une représentation obligatoire de la psychiatrie au sein de la gouvernance des GHT polyvalents et la généralisation des communautés psychiatriques de territoire (CPT) sur toute la France. "La CPT se doit d'être le socle de l'élaboration, de la mise en œuvre et de l'évaluation du projet territorial de santé mentale". Le SPH appelle à des "propositions incitatives pour les établissements non publics à participer à la CPT" et à la sanctuarisation du budget de la psychiatrie. "La CPT doit être en position de donner un avis sur la répartition des budgets au sein des territoires" et associée d'office au projet médical partagé des GHT.

Formation initiale et psychiatrie infanto-juvénile

Concernant la formation initiale des psychiatres, le SPH insiste dans sa cinquième motion sur l'importance de l'engagement de l'université "devant le risque constitué par la baisse dramatique de la démographie des psychiatres". Le syndicat estime également indispensable une expérience d'au moins deux semestres en pédopsychiatrie pour l'ensemble des psychiatres. Par ailleurs, "le SPH exige qu'une entière légitimité soit reconnue aux organisations professionnelles et syndicales pour choisir les contenus scientifiques et les dispositifs pédagogiques nécessaires afin de répondre aux objectifs du développement professionnel continu (DPC)".

La dernière motion adoptée concerne la psychiatrie infanto-juvénile. "Le SPH demande que les pouvoirs publics, en concertation avec les professionnels et les usagers, définissent des priorités de santé publique sur la base de l'analyse des données épidémiologiques croisées à celle des files actives", face à "l'accroissement considérable du recours aux unités de psychiatrie infanto-juvénile (PIJ)". Il déplore cependant que les moyens soient concentrés sur les troubles autistiques, "au détriment de nombreux enfants requérant des soins".

Effectifs de la psychiatrie hospitalière et projections pour 2030

Le SPH fait le point sur les effectifs de psychiatres hospitaliers selon les chiffres du Centre national de gestion (CNG). La profession compte donc, au 1er janvier 2016, 5 450 praticiens hospitaliers, dont 4 842 à temps plein et 608 à temps partiel. Les psychiatres représentent 12,5% de l'ensemble des praticiens hospitaliers. Le taux de vacance des postes est de 27% pour les postes à temps plein (4 814 postes occupés pour 6 606 postes budgétés) et de 47% pour les postes à temps partiel (606 postes occupés pour 1 141 postes budgétés). Dans les deux catégories, il est supérieur d'un point au taux de vacance sur l'ensemble des disciplines.
Le CNG a réalisé une projection à quinze ans des effectifs, selon une hypothèse d'entrées constantes dans la profession et selon une hypothèse d'entrée en progression en fonction du taux observé ces cinq dernières années. Selon la première hypothèse, le nombre de psychiatres hospitaliers passerait de 4 819 à 6 159 en 2030, soit + 27%. Selon la seconde, il n'atteindrait que 5 539 psychiatres, soit + 15%. À noter que dans le même temps, l'ensemble des PH croîtrait de 35% dans la première hypothèse et de 39% dans la seconde, qui prévoit par ailleurs une baisse progressive des entrées en psychiatrie, et uniquement en psychiatrie.

Bruno Decottignies, hospimédia du 12 octobre 2016


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