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"La recherche en soins en psychiatrie est marquée par la montée en puissance des projets"

Entretien avec Chantal EYMARD, infirmière, Maître de Conférences, HDR Émérite à Aix-Marseille-Université (EA Apprentissage, Didactique, Evaluation, Formation - UMR ADEF) et présidente du comité scientifique des Rencontres de la recherche en soins en psychiatrie qui organise sa 6èmes édition les 23 et 24 janvier à Lyon.

Vous étiez présente au lancement des 1ères Rencontres de la recherche en soins en psychiatrie en 2015, comment évolue cette manifestation depuis 5 ans ?

Ces journées initiées par Jean-Paul Lanquetin avec le CH de Saint Cyr au Mont d’Or (69) et le GRSI (Groupe de Recherche en Soins Infirmiers) réunissent des praticiens et des chercheurs. Fortes de ses 220 participant(e)s venus de 70 établissements ou structures et de 5 pays francophones, elles se caractérisent par la qualité des interventions. Toujours riches en débat et en contacts, ces rencontres questionnent la ou les modélisation(s) des soins en santé mentale, leurs organisations, les démarches d’évaluation… et proposent des repères pour l’analyse des pratiques et des discours.  En développant une mise en réseau national et international ses journées œuvrent pour :

                  - la mise en lien entre les différents acteurs de la santé mentale

                  - le renforcement de leur potentiel de connexion

                  - la mise à disposition des ressources

                  - la formation tout au long de la vie des professionnels de la santé mentale

                  - la lisibilité et l’accessibilité  des publications

                  - le partage  des données et des résultats

                  - la réflexion épistémologique  méthodologique et praxéologique

                  - le transfert de connaissances.

Quel regard portez-vous aujourd’hui sur le développement de la recherche en soins en général et en psychiatrie en particulier ?  

La recherche en sciences infirmières a contribué à l’évolution de la profession et à l'amélioration de la santé de la population. Elle est reconnue internationalement. En psychiatrie, elle a su se développer pour générer de nouveaux savoirs, évaluer les pratiques et fournir des preuves qui servent de référence pour la clinique, la formation, l’organisation et la gestion des soins. Les thèmes de recherche recouvrent l’ensemble de l’exercice professionnel. Nombreux sont centrés sur la pratique clinique auprès des patients, des proches aidants, des familles et des communautés qui vivent au quotidien avec des problèmes de santé mentale. Icertains portent aussi sur les questions de formation continue, de gestion et d’organisation des soins, de politique des soins en psychiatrie et de la spécificité de la recherche dans ce domaine.

Les effets attendus de la recherche en soins psychiatrique sont communs à l’ensemble des professionnels impliqués en santé mentale mais aussi spécifiques à la profession d’infirmier. Ils sont sous tendue par un enjeu humain, économique, social et politique en lien avec l’augmentation de la souffrance psychique des citoyens et de l’inégalité sociale notamment en matière de santé. Leurs visées sont de promouvoir la santé mentale de tout citoyen  de développer le partenariat avec les patients et leurs familles et la formation initiale et continue dans ce domaine.

L’évolution de la recherche en soins en psychiatrie au cours des dix dernières années a été marquée par la montée en puissance de la qualité des projets de recherche, la richesse des données recueillies, la communication et la publication des résultats, le transfert des résultats dans les pratiques.

A quelles conditions peut-elle continuer à se formaliser et se consolider ?

Il s’agit de continuer à fédérer les acteurs impliqués et les institutions parties prenantes. Cependant si les acteurs de la recherche en sciences infirmières sont remarquables quant à leur motivation et leur volonté pour mener à bien les projets de recherche, il est nécessaire aujourd’hui que les institutions s’autorisent à leurs donner les moyens de continuer cet engagement : en reconnaissance certes, mais aussi en temps et de financement dédiés.

Si la formation à et par la recherche se développe, il est nécessaire de la structurer en maintenant sa spécificité épistémologique et méthodologique. La question de l’universitarisation de la formation est centrale au regard des missions de l’université, celle des conditions de cette universitarisation l’est d’autant plus : Quelle place pour les infirmiers enseignants chercheurs ? S’agit-il de créer des départements universitaires ou des écoles internes à l’université ? Quelle place  pour la recherche en sciences infirmières au sein des laboratoires de recherche ? Si la pluridisciplinarité est nécessaire dans la compréhension du soin aux personnes en situation de vulnérabilité, la spécificité de la recherche en sciences infirmières doit être respectée et ne pas se perdre sous une discipline dominante.

La création d’une section du Conseil national des universités spécifique est aussi une étape importante dans ce processus d’universitarisation, a condition de respecter une procédure de nomination démocratique garante du débat épistémologique et de la valorisation de la spécificité de cette discipline.


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