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L'inserm suggère de nouvelles pistes thérapeutiques dans le trouble de stress post-traumatique

A partir des résultats d'une étude d'imagerie cérébrale intitulée Remember, et engagée à la suite des attentats de 2015 à Paris et Saint-Denis, l'Inserm questionne les idées reçus sur la prise en charge du trouble de stress post-traumatique et suggère de nouvelles pistes de traitement.

Les attentats de Paris et Saint-Denis, le 13 novembre 2015, ont laissé des marques durables, non seulement sur les survivants et leurs proches, mais aussi sur la société française dans son ensemble. Vaste programme de recherche transdisciplinaire, le projet 13-Novembre, codirigé par le neuropsychologue Francis Eustache, directeur du laboratoire Inserm Neuropsychologie et imagerie de la mémoire humaine et l’historien Denis Peschanski, directeur de recherche au CNRS, a pour objectif d'étudier la construction et l’évolution de la mémoire, individuelle et collective, de ces événements traumatiques, mais également mieux comprendre les facteurs protégeant les individus du stress post-traumatique.

Dans ce cadre, une étude d’imagerie cérébrale intitulée Remember, dont l’Inserm est promoteur, s’intéresse aux réseaux cérébraux impliqués dans le trouble de stress post-traumatique (TSPT). Des travaux qui donnent lieu à une publication dans la revue Science, le 14 février 2020. Dirigée par le chercheur Inserm Pierre Gagnepain, cette étude montre que la résurgence intempestive des images et pensées intrusives chez les patients atteints de stress post-traumatique, longtemps attribuée à une défaillance de la mémoire, serait également liée à un dysfonctionnement des réseaux cérébraux qui la contrôlent. Les chercheurs ont travaillé avec 102 survivants des attaques de Paris, dont 55 souffrant de TSPT, et 73 personnes n’ayant pas été exposées aux attentats. Les résultats montrent que les participants souffrant de TSPT présentent une défaillance des mécanismes qui permettent de supprimer et de réguler l’activité des régions de la mémoire lorsque surviennent des souvenirs intrusifs. L’étude permet aussi de mieux étudier le fonctionnement cérébral des survivants « résilients » n’ayant pas développé le trouble.

Ces résultats permettent d’identifier de nouvelles pistes de traitement. En effet, aujourd'hui, les prises en charge proposent aux patients de se confronter au traumatisme, avec divers soutiens, pour en atténuer progressivement les effets. Ce qui n'est pas toujours évident pour les patients, relèvent les chercheurs. Des interventions « déconnectées des événements traumatiques, stimulant les mécanismes de contrôle identifiés dans cette étude, pourrait être un complément utile pour entraîner les patients à mettre en place des mécanismes de suppression plus efficaces », souligne l'institut, qui annonce d'autres études pour venir compléter ces résultats.

  • En savoir plus : Stress post-traumatique, Nouvelles pistes pour comprendre la résilience au trauma, Communiqué de l'Inserm, 13 février 2020.


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