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Korian prépare le déploiement d'un protocole de prise en charge non médicamenteuse en Ehpad

Développées depuis plusieurs années, les prises en charge non médicamenteuses en Ehpad restent au stade empirique. Pour sortir de ces expérimentations, le groupe Korian prépare le déploiement d'un protocole thérapeutique pour une démarche clinique positive.

Jardin thérapeutique, zoothérapie, balnéothérapie... ces dernières années, les initiatives de prises en charge non médicamenteuses se sont déployées, souvent de façon anarchique. Chacun y allant de son atelier. Aujourd’hui, sensiblement tous les établissements proposent des temps d'animation thérapeutiques plutôt sporadiques ne s'adressant pas toujours aux résidents les plus dépendants. Pour le Dr Didier Armaingaud, directeur médical, éthique et qualité du groupe Korian, "revendiquer l'adjectif thérapeutique nécessite de prendre quelques précautions". Il faut notamment que l'activité proposée soit prescrite, répondant à un besoin déterminé qui aura été repéré en amont, et sera évalué en aval, dans le cadre d'un programme global de vie et de soin.

Développer une démarche clinique positive

Travaillant sur le sujet depuis plusieurs années, il souhaite prochainement inscrire les Ehpad dans "une démarche clinique positive globale en travaillant sur le bien-être à tout âge", a-t-il indiqué à l'occasion d'un point presse, organisé mardi 5 juillet pour présenter l'initiative Korian. Après avoir retenu huit items (lire encadré) permettant de travailler simultanément les thérapies cognitives, fonctionnelles et comportementales, le groupe a lancé en 2015 une première expérimentation dans sept établissements pilotes. Au regard des résultats récoltés, un cahier des charges applicable dans toutes les structures est en cours de rédaction. Ce protocole doit permettre de normaliser les dispositifs pour sortir les thérapies non médicamenteuses de leur stade empirique. Pour appliquer l'ensemble des axes retenus, les établissements tests ont signalé qu'ils avaient besoin d'au moins dix mois. Par ailleurs, parmi l'ensemble des items, ils ont déclaré qu'il était préférable d'entrer dans la démarche par les deux formations proposées (méthode Montessori et formation au ludospace développé par Korian). En 2016, une seconde vague d'expérimentations a été lancée avec la mise en place de référents dans onze régions.
 

Les items Korian pour développer les thérapies non médicamenteuses

Pour répondre à son objectif de déploiement des thérapies non médicamenteuses dans ses établissements, Korian a retenu huit items constituant le socle d'un futur protocole. Alors que le cahier des charges est encore en cours d'élaboration, pour mener ses premières expérimentations, Korian a distingué les formations des outils. Ces derniers relèvent de trois groupes :

  • thérapies cognitives : grille des capacités préservées Korian ; 30 ateliers de réappropriation ; 54 ateliers de stimulation cognitive (sous format digital et papier) ;
  • thérapies comportementales : espace ludospace ; chariot activités flash ;
  • thérapies fonctionnelles : ateliers formalisés communs fonctionnels.

Sous couvert de prévention des risques auprès des résidents atteints de maladies dégénératives, Didier Armaingaud constate que, dans la majorité des cas, les structures spécialisées Alzheimer se caractérisent par le vide qui semble y régner. Naturellement, il reconnaît que l'accompagnement médical traditionnel fait partie du quotidien des résidents les plus dépendants. Mais il regrette que le reste soit consacré aux activités occupationnelles de loisir réservées à quelques-uns et estime que cela ne suffit pas. Il faut remettre de la vie dans ces unités accueillant des malades Alzheimer. Il déplore tout particulièrement le manque d'activités sociales et domestiques. Mais toute la difficulté est de trouver le juste équilibre entre le soin et le prendre soin. Pour cela, il faut arriver à changer les pratiques des professionnels qui ne doivent plus seulement repérer les problèmes des résidents mais aussi leurs capacités. Le futur cahier des charges devrait fixer un cadre applicable dans les Ehpad traditionnels et les pôles d'activités et de soins adaptés (Pasa).

Une reconnaissance financière en perspective

Même non médicamenteuses, les thérapies doivent être prescrites. Et c'est naturellement le médecin coordonnateur de l'Ehpad qui reste le chef d'orchestre avec, à ses côtés, des personnes expertes comme le psychothérapeute (pour le volet cognitif) ou l'ergothérapeute (volet fonctionnel). Dans la mesure où ces nouvelles prises en charge modifient l'organisation — et pas forcément les effectifs —, l'ensemble des équipes doivent être impliquées. Didier Armaingaud conseille aussi de tenir les familles informées des approches mises en place. Elles peuvent en effet être surprises de voir les résidents faire leur lit ou mettre la table, dans un souci de retrouver les gestes qu'ils avaient l'habitude de faire avant leur entrée en institution (thérapie cognitive). Côté finances, Didier Armaingaud espère la reconnaissance des thérapies non médicamenteuses dans les dotations soins. En attendant, certains crédits non reconductibles ont parfois été octroyés pour soutenir des expérimentations. Enfin, en ce qui concerne le financement des formations, cela relève du choix stratégique de l'entreprise, Korian devrait donc en faire un axe prioritaire.

 

Lydie Watremetz, Hospimédia, 5 juillet 2016


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