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Hospitalisation privée : difficile de recruter des infirmières et des aides-soignantes

Les infirmiers diplômés d’Etat et les aides-soignants représentent les principaux métiers en termes d’effectifs dans la branche de l’hospitalisation privée (48 000 IDE et 28 500 AS). Partant du constat de cette importance quantitative, l’Observatoire de l’hospitalisation privée souhaite disposer d’un portrait détaillé : démographie, contenu des activités, problématiques rencontrées... La présente étude réalisée en 2018 s’appuie notamment sur une large consultation en établissement (titulaires du métier, DRH, cadres…) et en institut de formation (étudiants, responsables pédagogiques).

Baisse des tensions sur les recrutements

Le nombre d’infirmiers en activité a augmenté plus rapidement que la population française. Ainsi, la densité en professionnels a désormais rattrapé la moyenne européenne. Toutefois, la hausse du nombre de professionnels en activité a été moins rapide que celle des besoins de soins, qui suivent un trend très dynamique en raison du vieillissement démographique et de la transition épidémiologique (hausse des maladies chroniques).
La demande étant très dynamique et l’offre contingentée, le marché du travail des IDE et des AS accuse un déséquilibre. Les politiques publiques menées au niveau national et régional de relèvement du nombre de places en formation ont permis de diminuer les tensions sur le marché du travail des IDE, mais elles restent élevées chez les aides-soignants. Ces trois dernières années ont connu une augmentation importante du nombre d’intentions d’embauche et, corrélativement, de la part de projets jugés difficiles par les employeurs, qui atteint près de la moitié des projets.

Difficultés d'exercice
 

Pour les professionnels en établissement, et tout particulièrement pour les soignants de proximité que sont les IDE et les AS, les conditions de réalisation des activités sont largement bouleversées.
• Les soignants sont confrontés à une intensification du travail, du fait des réorganisations, de la rationalisation des tâches, de la hausse des flux et cadences, de la fragmentation des interventions.
• Le développement des tâches administratives (gestion du dossier médical, reporting…) est une autre tendance lourde qui affecte profondément l’activité, provoquant une diminution sensible du temps passé auprès du patient ou du résident au détriment de la dimension relationnelle, pourtant au coeur de l’attrait pour les métiers d’IDE et d’AS, à laquelle vient s’ajouter la montée des exigences et de la conflictualité des usagers.
• De ce fait, il existe de plus en plus une tension entre d’une part les objectifs de qualité de prise en charge qui constituent le fondement de la déontologie professionnelle, et d’autre part les conditions de réalisation des activités, qui occasionnent une perte de sens du travail soignant. Les conditions de réalisation des activités génèrent une usure physique (accidents du travail, troubles musculo squelettiques…) et psychologique (conflits de valeurs…).

Problématiques d'attractivité et de fidèlisation

La dégradation des conditions de travail vécue par nombre de professionnels IDE et AS en établissement se répercute sur les problématiques d’attractivité et de fidélisation.
• Il existe un décalage croissant entre la réalité des métiers d’IDE et d’AS en établissement et l’image que s’en font les futurs professionnels. La réalisation de nombreux stages permet d’appréhender le contexte réel mais tend à mettre en difficulté les étudiants.
• La dégradation des conditions de travail telle qu’elle est ressentie par les titulaires du métier et par les étudiants se ressent sur l’attractivité des métiers et des formations qui y conduisent. C’est ainsi qu’on peut expliquer la nette baisse du nombre de candidats à la formation, particulièrement sensible dans le cursus AS. On observe également des souhaits de mobilité de plus en plus tôt dans la carrière (installation en libéral pour les IDE, reconversions…).
• Au total, ces problématiques (usure professionnelle, baisse d’attractivité de la formation et du métier) entraînent des absences, des départs prématurés et donc du sous-effectif. Pour les personnels présents, cela se traduit par une pression supplémentaire (gestion interne des absences, encadrement du personnel de remplacement…).

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Conséquence de ces difficultés, et plus particulièrement dans le secteur médico-social, les établissements mettent en œuvre de nombreuses actions pour attirer et fidéliser ces professionnels. Formation qualifiante de salariés en poste préparant aux métiers d'AS, partenariat avec des acteurs du service public de l'emploi et des organismes de formation initiales... sont notamment évoqués.

Il est aussi mis en évidence la nécessité de gagner en maîtrise des gestes techniques, de gérer les tâches administratives et de renforcer la coordination avec les membres de l'équipe, dans un contexte de responsabilité accrue notamment pour les infirmiers. L'un des enjeux mis en avant également est l'adéquation entre l'appareil de formation et besoins d'emplois et de compétences. Une nette hausse du nombre de diplômés depuis 1992 — multiplié par deux pour les infirmiers et par 1,6 pour les aides-soignants — ne suffit pas à compenser des déséquilibres régionaux intenses.

De deux portraits métiers de la branche de l’hospitalisation privée : Infirmiers diplômés d’Etat (IDE) et aides-soignants (AS), 2018


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