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Former à la prévention du suicide en Ehpad

Alors que les tentatives de suicide touchent davantage les sujets jeunes que leurs aînés, la mortalité par suicide reste plus élevée chez les personnes âgées (1). Ainsi, en 2015, 2 834 personnes de 65 ans et plus se sont suicidées en France, soit 31,7% de l’ensemble des personnes suicidées. Dans ce contexte, l’Agence régionale de santé des Hauts-de-France a financé un programme de prévention et confié son évaluation à la Fédération régionale de recherche en psychiatrie et santé mentale Hauts-de-France (F2RSM-Psy), qui présente les résultats.
Le programme consistait en une formation de 4 jours sur la crise suicidaire et les étapes d’intervention. Après avoir été formés, des binômes d’équipes mobiles de psychogériatrie ont, à leur tour, appris aux professionnels des Ehpad à détecter ces crises et prendre en charge les personnes hébergées. Ce programme a touché 110 établissements et 427 professionnels. 3 types d’enquêtes ont été menés.
Pour les chercheurs, la satisfaction rencontrée a été importante, pour les formateurs comme pour les personnels des Ehpad. Si peu de changements organisationnels ont été rapportés, l’aisance à aborder les conduites suicidaires, avec les personnes hébergées et entre collègues a été largement majorée. «Les difficultés à parler de ce sujet délicat, renvoyant à la propre condition des professionnels, n’ont certes pas toutes disparu, mais la parole semble plus fluide, l’appréhension levée, par la conviction acquise qu’en parler est nécessaire pour mieux prévenir ou gérer la crise suicidaire.» La maîtrise d’outils d’intervention, acquise durant le stage, permet désormais aux intervenants une réponse adaptée au niveau de risque.
Côté chiffres, le taux de morbidité suicidaire diminue significativement après la formation, et ce alors qu’elle a vraisemblablement augmenté l’attention sur le phénomène étudié. Selon les auteurs, ce résultat plaide pour une efficacité du programme, sans pour autant que l’imputabilité de cette baisse puisse être formellement établie.
Dans leur conclusion, les auteurs suggèrent que ce programme gagnerait à toucher un plus grand nombre de salariés par Ehpad et à se déployer dans d’autres territoires en particulier ceux qui connaissent une surmortalité suicidaire très marquée.
1– Plancke L. Épidémiologie des conduites suicidaires des personnes âgées. NPG Neurologie Psychiatrie Gériatrie 2016. doi:10.1016/j.npg.2016.04.002

  • Réduire la morbi-mortalité suicidaire en Ehpad. Évaluation d’un programme de formation dans le Nord et le Pas-de-Calais. L. Plancke et al. Psy-Brèves, n°15, juin 2019, www.f2rsmpsy.fr


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