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Conférence Nationale du Handicap : une édition anniversaire et encore tant à faire…

L’Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques (Unafam) participe ce jour à la Conférence Nationale du Handicap, le rendez-vous triennal organisé par le gouvernement qui réunit l’ensemble des acteurs du champ du handicap, pour un point d’étape sur l’avancée des politiques publiques en matière d’inclusion. Nous relayons ici leur position.

Cette édition 2020, il faut le souligner, revêt une dimension particulière.

Il s’agit de la première édition du quinquennat – et ce sera la seule. Les attentes des personnes en situation de handicap et de leurs proches sont fortes, dans une séquence politique qui n’a, jusqu’ici, guère fait la part belle aux enjeux d’égalité sociale. Il n’est par ailleurs pas anodin que le gouvernement ait souhaité tenir cette Conférence en février, 15 ans jour pour jour après l’adoption de la loi du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées.

15 ans : passons des paroles aux actes !

La loi de 2005, rappelons-le, reposait sur deux piliers essentiels : l’accessibilité, et le droit à la compensation, qui ne peuvent aller l’un sans l’autre.

L’accessibilité est un devoir pour la société, pour ne laisser personne sur le bord de la route, pour qu’aucun droit, aucun service ne soit à double vitesse.

La compensation est un droit pour l’individu, sans lequel l’accessibilité resterait un vœu pieu. C’est elle qui permet de corriger les inégalités de destin.

Le constat est unanime : il s’agit aujourd’hui de passer des paroles aux actes ; de donner à ces deux piliers fondamentaux une effectivité sans laquelle nous ne parviendrons jamais à une société pleinement inclusive.

Et la route est longue, pour les handicaps psychiques…

Si, grâce à la loi de 2005, le handicap psychique est reconnu, il reste encore méconnu, mal évalué, trop peu compensé.

Vous avez dit « accessibilité ? »

Pour les personnes qui souffrent de troubles psychiques, l’accessibilité passe par un réel changement de regard, la fin de la stigmatisation du handicap psychique, du rejet des personnes concernées et par l’accès effectif aux dispositifs d’accompagnements, aux logements, à l’emploi, à la vie sociale.

Vous avez dit « compensation ? »

Le Collectif Handicaps, dont l’Unafam fait partie, va mettre la compensation au cœur du sujet de cette Conférence Nationale du Handicap, qui n’a jusqu’ici jamais abordé ce sujet essentiel.

Rendre effectif le droit à la compensation, pour le handicap psychique, c’est d’abord savoir l’évaluer.

Il faut impérativement que l’on travaille collectivement, avec les médecins et les pouvoirs publics sur une juste évaluation des besoins des personnes, qui prenne en compte les spécificités de ce handicap, par des équipes formées, dans le cadre d’une approche pluridisciplinaire et globale.

Il en va de l’accès effectif aux droits, l’accès aux ressources, à l’Allocation adulte handicapé (AAH) au taux d’incapacité de 80%, à l’attribution de droits sans limitation de durée, à la Prestation de compensation du handicap (PCH) qui depuis 2005 est quasi systématiquement refusée aux personnes vivant avec des troubles psychiques.

Et si on parlait vraiment « accompagnement de proximité ? »

Une fois le handicap évalué, il faut une réelle politique publique ambitieuse, territorialisée et financée, pour garantir un accompagnement des personnes dans la proximité. Il est temps de développer une palette de réponses permettant l’accès au logement, à l’hébergement, à des activités, à l’emploi quand c’est possible.

Des réponses adaptées aux besoins et attentes des personnes, des réponses coordonnées leur permettant de fait la participation à la vie sociale et l’accès à la citoyenneté inscrites dans l’intitulé de la loi de 2005 et au cœur de la convention internationale relative aux droits des personnes handicapées.

Répondre aux besoins de vie des personnes handicapées psychiques est une priorité affichée dans la feuille de route santé mentale et psychiatrie du ministère ; c’est également une nécessité absolue pour envisager le rétablissement.

Mais comment parler d’accompagnement de qualité, quand il faut parfois jusqu’à 6 ans pour mettre en œuvre une décision d’orientation vers un service d'accompagnement médico-social pour adultes handicapés (SAMSAH) ? Jusqu’à 3 ans pour bénéficier des services d’accompagnement à la vie sociale (SAVS)?

Quand les ruptures dans les parcours de soin et les parcours de vie sont la norme faute d’une offre médico-sociale suffisante, faute d’ambitions et de financement pour un secteur aujourd’hui très insuffisamment développé ?

Quand le rejet de la PCH ne permet pas d’accéder à l’accompagnement par des aides humaines, ni aux logements partagés et accompagnés, ni aux dispositifs d’habitat inclusif.

Avec ces parcours heurtés, ce sont des milliers de personnes qui sont livrées à elles-mêmes, hospitalisées parfois faute de mieux, trop souvent à la rue.

Le manque de moyens n’est, pour le handicap psychique, qu’un facteur aggravant : le problème essentiel reste que ce handicap est impensé ; mal évalué donc mal accompagné.

La société inclusive, que chacun appelle de ses vœux, ne se fera qu’au prix d’un réel effort collectif, pour mieux comprendre, mieux entendre et prendre en charge les personnes souffrant de troubles psychiques.

 

 


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