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Alcoolisme, la maltraitance de l’entourage.

Nous publions ici le témoignage d'un homme dont la femme a été emportée par l'alcoolisme et la dépression (voir son blog https://www.fh3g.net/old-home)

Dans un contexte où les épisodes du parcours de soins des malades souffrant d’une addiction à l’alcool sont de plus en plus réalisés en ambulatoire, l’absence d’une prise en charge de l’entourage intégrée à ces parcours est une maltraitance assumée par tout un système.

En effet ici ambulatoire signifie en immersion dans le parcours de vie et en interaction avec l’entourage.

Je ne pointe pas ici l’absence d’une démarche thérapeutique systémique, mais le fait de laisser une famille, un couple, et des enfants, sans aucun accompagnement alors même que les souffrances de ce parcours sont reconnues par tous comme une familiopathie.

Faire encore une fois ici le récit de notre parcours et des conditions de ce calvaire me semble superflu.

Cependant je veux mettre en lumière cette absence d’accompagnement en listant ici quelques-uns des manques dont j’ai souffert :

- L’absence d’une évaluation concertée de notre environnement, de notre projet de vie et de notre attachement.

- L’absence d’un diagnostic clairement exprimé et partagé.

- L’absence d’une réelle orientation vers le CSAPA dès le début du parcours

- L’absence d’accompagnement dans les moments importants du parcours que sont :

* Le début et la fin des hospitalisation en cure ou en postcure

* Les décisions d’hospitalisation sous contraintes

* Les prises en charges aux urgences via le SMUR par défaut d’autres solutions

- L’absence de dispositif d’annonce devant l’aggravation de la pathologie  : « vous connaissez le syndrome de Korsakoff ? ».

- L’absence totale d’information sur les traitements médicamenteux.

- L’absence d’accompagnement du décès.

Pour rendre encore plus palpable l’insécurité de notre parcours de vie il me suffit de reprendre ici les propos du médecin addictologue à qui je disais les circonstances du décès de mon épouse : « Vu sa pathologie cela pouvait arriver n’importe quand. » Dans ces conditions être seul confronté à ces milliers de pages qui nous persuadent de notre totale impuissance et qui nous cataloguent co-dépendants, co-alcooliques, incapables de changement et fréquemment complices.

En l’absence d’accompagnement, la froideur clinique de ces diagnostics impersonnels, génériques, indiscutables et stigmatisants, reste pour moi un réel traumatisme.

Savoir qu’aujourd’hui des structures font la preuve du réel apport de l’implication de l’entourage dans la démarche de soins, et constater le manque d’investissement du système de santé dans la mise œuvre d’une offre de soins adaptée et performante   justifie ce constat : la maltraitance de l’entourage des patients alcooliques est aujourd’hui une pratique assumée par le système de santé pour qui ce slogan : « l’entourage partenaire essentiel du parcours de soins » reste en grande partie illusoire.

 

 

 

 


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