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Surpopulation et tensions en prison impactent l'accès aux soins psychiatriques

L'accès et la continuité des soins en détention est une obligation légale, rappellent l'Association des professionnels de psychiatrie en milieu pénitentiaire (ASPMP), dans un communiqué, et le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL), via un rapport sur les droits fondamentaux en prison. Si la surpopulation carcérale est connue de longue date, les conflits actuels, qui renforcent la tension dans les établissements, impactent une situation quotidienne déjà délétère.

Des soignants ont ainsi été entravés dans leur exercice ou victimes de violences, signalent notamment l'ASPMP : « De nombreuses équipes de psychiatrie n’ont pu entrer dans les prisons ou en nombre limité, et quand elles ont pu accéder à l’unité de soins, la mise à disposition des personnes détenues a été nulle ou très limitée. Dans certains endroits, les personnels soignants ont fait l’objet de huées ou d’insultes par les personnels bloquant les portes avec qui ils travaillent pourtant régulièrement, péjorant ainsi la reprise de relations saines une fois le mouvement arrêté. » L’ASPMP en appelle aux pouvoirs publics pour que des fonctionnements minimums soient envisagés, en toute sécurité des services de soins pendant les conflits et avant qu’elles ne se reproduisent.

La CGLPL aborde également ces problématiques d'accès aux soins, dans un rapport plus global sur Les droits fondamentaux à l'épreuve de la surpopulation carcérale. ces problématiques. « Si la loi prévoit que les détenus ont le droit de bénéficier d’un accès aux soins de santé équivalent à celui proposé au reste de la population, rappelle Adeline Hazan, la réalité en demeure éloignée a fortiori avec la surpopulation. »

 
Constante en France, la surpopulation carécrale entraîne la dégradation des conditions de détention (cellules sur-occupées, avec des matelas au sol), qui produisent des atteintes à l'hygiène et à l'intimité des personnes, insécurité et tensions, obstacles pour les relations avec l'extérieur (proches mais aussi lieux de soins). 
Le rapport signale des « locaux de soin inadaptés » pour recevoir un flux de personnes détenues en augmentation de besoins de soin. Les salles d’attente restent insuffiasnates en nombre et en taille, leur gestion peut contribuer à ralentir l’organisation des mouvements et des consultations, créant des délais d’attente importants dans des locaux peu confortables. Il relève aussi une détérioration de la qualité du soin : « La cadence des consultations médicales, en situation de surpopulation, génère un stress supplémentaire pour le personnel médical qui redoute “de passer à côté de quelque chose” lors de la consultation ».
Concernant la psychiatrie, le rapport relate des exemples de conditions de travail difficiles, comme celui de la maison d’arrêt de Fresnes (Val-de-Marne), où deux infirmiers, partageant le même bureau, ne pouvent mener deux entretiens simultanément, « ce qui réduit considérablement le nombre possible de consultations ». Ou encore de la maison d’arrêt de Nîmes (Gard), où l'exiguïté de l'unité ne permet pas aux médecins, psychiatres et spécialistes extérieurs de travailler de manière concomitante, entraînant un rallongement des délais de prise en charge.

Une des 10 recommandations du CGLPL a pour objectif d'améliorer cet accès aux soins. Elle préconise qu'à défaut « de pourvoir les postes prévus dans les organigrammes du personnel au sein des établissements, l’administration pénitentiaire doit définir des critères pour les suppressions de poste et en interdire certaines, notamment celles ayant pour conséquence de réduire l’accès aux parloirs, aux soins médicaux et à l’ensemble des activités ».

  • Télécharger le communiqué de l'ASPMP en PDF
  • Les droits fondamentaux à l'épreuve de la surpopulation carcérale, rapport CGLPL, février 2018, Editions Dalloz. En ligne gratuitement sur le site du CGLPL à partir de mercredi 21 mars 2018. Copyright Photos : JC Hanché pour le CGLPL.


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