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Retrouvez les contributions de la séance de l'Académie de médecine sur la schizophrénie

Le 30 janvier dernier, l'Académie de médecine a consacré un séance pleinière à la schizophrénie. Organisée par les professeurs Raphaël Gaillard et Jean-Pierre Olié, elle a comporté des communications des professeurs Renaud Jardri (Lille), Sonia Dollfus (Caen) et Raphaël Gaillard (Paris). Leurs contributions sont disponibles sur le site de l'Académie.

La schizophrénie est une pathologie mentale sévère touchant 1 % de la population générale (600 000 patients) ou 2 à 3 millions de personnes en incluant les proches. Elle se manifeste par des idées délirantes, des hallucinations et des troubles cognitifs. Il s’agit d’un enjeu de santé publique du fait de son important retentissement sur les proches et sur les patients dont témoignent une morbi-mortalité élevée (taux de suicide de 6 % et réduction de l’espérance de vie de 15 ans) et une précarité sociale. Parmi les facteurs prédisposants, la consommation de toxiques, les traumatismes infantiles et le contexte social sont prépondérants.

Le déficit motivationnel appartient aux symptômes négatifs de la schizophrénie. Présents chez un tiers des patients, les symptômes négatifs sont une perte ou une réduction de certains comportements ou fonctions. Les cinq dimensions négatives sont l’anhédormie, l’émoussement affectif, l’asocialité, l’alogie et l’avolition. Cette dimension de la maladie est fortement corrélée au devenir fonctionnel du patient et est sous-tendue par une altération des circuits frontaux-striataux impliqués dans le système de la récompense.

Réussir à relier entre elles des données collectées à différentes échelles du microscopique au macroscopique (moléculaire, neuronale, comportementale) est un défi de la psychiatrie d’aujourd’hui :  une telle approche permettrait de préciser les classifications, de prédire l’évolution des troubles mentaux et d’accompagner les décisions thérapeutiques. Actuellement, le transfert du fondamental vers la clinique est complexe ; une approche computationnelle pourrait permettre d’atteindre cet objectif en caractérisant le comportement d’un individu par différents modèles : biophysique, connexionniste, probabiliste et en utilisant des modèles mathématiques pour mieux comprendre le fonctionnement cérébral.

Malgré sa gravité, la prévalence de la schizophrénie est actuellement stable ; elle semble le propre de l’homme : serait-elle la conséquence du haut niveau du fonctionnement psychique de l’Homo sapiens ?

A lire :

– Approches computationnelles de la schizophrénie, R. Jardri.
– Le déficit motivationnel dans la schizophrénie, S. Dolfus.
– La schizophrénie, une affaire de société, R. Gaillard, L. Berkovith, JP Olié.


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